Anrealage

 

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Avec sa collection « Roll », Anrealage invite la technologie, mais de façon moins spectaculaire qu’à son habitude. Les techniques s’invitent cette saison avec discrétion et se mettent au service d’une poésie qui anime de vrais vêtements. Le thème de la collection est roll, un rouleau (et pour quoi pas un maki en japonais ?).

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Le tissu est utilisé à partir de son rouleau d’origine en volume. Élaborées avec l’artiste Kohei Nawa, les deux premières pièces ont été construites, sculptées dans la matière des rouleaux de denim (300mètres de long). Demeurées visibles sur le podium, les deux robes tournaient sans fin, entourées d’une mer de poussière de jean (les rebuts de la fabrication). À partir de ces différentes couches de tissus a surgi la structure de la coupe transversale d’un arbre donnant à voir les anneaux qui le composent (la dendrochronologie permet ainsi de dater les bois en comptant les cernes).

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Le créateur a choisi cette vision de cercles concentriques comme la continuation d’un cycle sans fin. Si le bleu jean, magnifiquement réinterprété, innerve une partie de la collection, le marron des arbres, du bois, s’impose majestueux ainsi dans un ample manteau extraordinaire (plus spectaculaire vu de côté). S’ajoute un précieux travail de broderies artisanales dans les détails, rosaces.

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J’ai vu marcher les arbres de Macbeth et je m’imagine déjà avec ce manteau.

« J’ai regardé Birnam, et, là, j’ai cru

Que la forêt se mettait à bouger. »

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Aalto

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Souffle un vent du nord sur la collection d’Aalto (Tuomas Merikoski) dans un décor d’architecture en échafaudage de bois, hommage au nom du Finlandais Alvar Aalto et à l’université éponyme. Autour du thème de paradis perdu, des références aux mysticismes, aux sociétés secrètes comme la franc-maçonnerie et un hommage à la nature. Une vision du futur, mais pas déshumanisée, plutôt au contraire chaleureuse. Le vert émeraude, couleur clef de la saison s’invite en symbole de jeunesse, de renouveau. Des vêtements pour grand froid avec des fourrures (éthiques) en détail, en pointillé. Une dimension écolo avec l’utilisation de matériaux 100% recyclés. De la géométrie, parfois en « collage », chauffée de touches de fourrure.

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Matelassée, la doudoune se fractionne, se déboutonne en blouson et joue l’effet couette en doublure.

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Toute une thématique ajoute une dimension de fantaisie imprimée et bariolée.

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Un motif de Lapland (Laponie) de femmes naturistes dessine le vrai paradis perdu où l’innocence est nue comme un ver. Une collection pour s’emmitoufler en hiver.

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Disguise

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Continent magique, l’Afrique a été le berceau de croyances et de formes d’art dont les masques sont les vaillants miroirs. Disguise. Masks and global African Art, étonnante exposition au Musée de Brooklyn, a mis en scène la notion de « déguisement » qui va vers le religieux, le politique, la fantaisie débridée ou même l’humour.

Source d’inspiration infinie, l’Afrique a en partie suscité ce qui a été qualifié de primitivisme dans l’art occidental (retour à des formes originelles, naïves, pures, exotiques…). Chez Picasso, le cubisme s’est forgé suite à la découverte de masques africains au musée du Trocadéro ou dans l’atelier de Derain. L’idée de représenter la multiplicité des faces (visages) trouve une expression magistrale dans Les demoiselles d’Avignon. C’était alors une heureuse époque où l’inspiration était vue comme un hommage et pas comme un pillage.

En mode, Yves Saint Laurent a imaginé une collection africaine en 1967 avec des robes d’inspiration Bambara et l’utilisation de matériaux atypiques comme le bois, le raphia. Si les tissus imprimés Wax passent par la Hollande, l’Indonésie, ils incarnent désormais l’Afrique. Aujourd’hui le wax est utilisé par de nombreux créateurs dans un esprit ethnique, mais surgissent aussi parfois des polémiques excessives quant à une forme de « réappropriation » d’une culture, d’un continent.

 

Le masque conduit sur la voie des masques, mais si celle choisie par Claude Lévi-Strauss s’est seulement consacrée aux Indiens d’Amérique du Nord, le masque est présent dans nombre de civilisations. Le masque cache, oblitère, occulte le visage, il prépare le corps à une transformation, à une mutation qui peut aussi conduire à un état de transe. Prendre une nouvelle apparence, devenir « autre ».

À Brooklyn figure la collection de masques du musée de Seattle et des oeuvres créées par des artistes contemporains autour de ce thème traité en toute liberté.

-Brendan Fernandes s’est inspiré du commerce des faux masques africains vendus à Canal Street et fabriqués à la chaîne non loin de là. Avec No Primitivism, l’artiste utilise de fausses silhouettes de daims en plastique affublés de masques typiques de l’art africain dans une pièce « vert safari » décorée de sagaies. Avec cette parodique vision d’une « real New York City Experience » se pose la question de la fausse idée de l’art primitif aujourd’hui en perte de ses valeurs originelles.

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-Nandipha Mntambo. Avec Umfelokati Wenhlaba, l’artiste choisit une peau de vache, un animal qu’il voit comme une connexion entre différentes civilisations (rôle divin en Egypte ancienne, en Inde…). Cette peau est drapée, moulée sur un corps pour en redessiner une forme humanisée. Sa vision d’Europa, en songeant au subterfuge de Zeus pour séduire Europe, crée un hybride homme-animal (pour la part sombre et animale qui subsiste en chaque être).

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-Waltr Oltmann. L’observation du travail des insectes, la vision des colons débarquant en Afrique, la transformation,… autant de thèmes pour aboutir à des hybrides avec un vêtement protection, chenille humaine à « poils », à piquants, aliens d’un nouveau monde.

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-Wura Natasha Ogunji. Avec son appareil photo et déguisé, l’artiste capte des moments, des rencontres et oppose deux mondes. Les Etats-Unis où chacun est soucieux du côté privé de son existence et Lagos où chacun observe l’autre, simplement avec curiosité, mais sans malveillance.

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-Saya Woolfalk. Empathy imagine un groupe de femme, les Empathics qui explorent le processus d’hybridation par le costume, le maquillage. ChimaTEK est la prolongation de ce projet imaginé pour Brooklyn avec des sculptures textiles. Parodie d’Elvis Presley, dialogue étrange de personnages grimaçants, masques anciens, un monde coloré et joyeux fusionne tradition et vision du monde actuel autour du déguisement et de l’univers artistique issu du continent africain.

Un angle original autour de la transformation via le costume, le tout sacrément « ambiancé ».

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Véronique Leroy

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La musique de Véronique Leroy recèle un charme singulier. Une silhouette féminine, oui, mais aussi déterminée, volontaire. Cette saison le choix des couleurs oscille entre mauve, ocre et noir. Des « filets » en superposition, une robe tablier, des mélanges, télescopages stylistiques. Des épaules toujours marquées et une féminité assumée, revendiquée. Cache coeur. Joli travail sur la toile de jean délavée dans des tons gris, bleu… mauve et travaillée dans des formes amples. Tissage macramé, un jeu d’enfants en lanières beige pour squaw d’aujourd’hui. Grands imprimés floraux. Et un zeste de rouge coquelicot sur la voie de la couleur.

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