Liselore Frowijn

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La jeune créatrice s’est tournée vers le Mexique pour un voyage quasi archéologique exhumant la culture Maya.   Inspiration de la nature, de l’architecture, des pyramides, des motifs, des symboles. Liselore Frowijn utilise le mot « espoir » ; dans le contexte de l’idée de « mur », une ode à la liberté. Pour symboliser cet espoir a été imaginé un motif de cactus en collaboration avec le graphiste Michiel Schuurman. Inspirés par le peuple du soleil, les imprimés très colorés sont flamboyants, retranscrits dans un esprit cinétique, psychédélique.

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Bijoux vif argent. Détail de pompons. Parmi les matériaux, un « cuir » écologique argenté à base de fibre d’ananas, Pinatex.

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Parmi les motifs, une inspiration hommage aux symboles du drapeau mexicain même si leur usage est réglementé. Un aigle posé sur un figuier de barbarie tenant dans son bec un serpent.

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Si la mode se veut pour une femme volontaire, c’est « thinking of Frida Kahlo ».

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Issey Miyake

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Si la recherche est un maître mot dans les collections d’Issey Miyake, poésie et fantaisie sont aussi toujours de la partie. « A piece of Memory » se penche sur la nature et ce qu’elle représente au fil du temps.

D’une masse informe, un souffle, un mouvement et surgissent deux corps dansants, le ton est donné. Une danse élémentaire vers la terre, une terre explorée par le créateur Yoshiyuki Miyamae. Cette saison, l’Islande et sa géographie extraordinaire sont source d’inspiration : terre de glaciers, de geysers, de paysages rudes et magnifiques… Dans des tonalités de bleus et de verts, les imprimés voyagent. Les différentes techniques donnent aux vêtements de l’ampleur, du volume, tissus extensibles, effets ressort. `

Steam Stretch. Les formes 3D sont aplaties au moment de l’impression et la couleur de base se dessine à l’ombre des plis.

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Baked stretch. Une technique de « cuisson » qui donne de plus en plus de souplesse au vêtement. En imprimés, les paysages d’Islande se dessinent entre les plis.

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Vêtements à carreaux teints d’une couleur marron obtenue par un pigment provenant de la terre. Un procédé issu d’une technique traditionnelle japonaise originaire d’Amami Oshima : Dorozome

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« Cube » Un tissu composé à partir de plusieurs carrés combinés. Au final, un carré à plat qui prend tout son volume un fois déplié et porté.

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Un technologie en recherche permanente mais au service d’un collection joyeuse, ludique, écrin d’un corps en mouvement.

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Photos Fréderique Dumoulin

Jean Paul Gaultier

 

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Brrr ! C’est l’hiver, vacances à la montagne dans des stations chic au décor féerique où tombe la neige. Dans une collection magnifique Jean Paul Gaultier renoue avec éclat avec des inspirations qui lui vont bien. Si l’esprit de la montagne règne avec de grands pulls à porter au coin du feu ou les bonnets de laine, s’invite aussi un rayon de soleil venu d’ailleurs avec les modèles inspirés de sari.

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Le retour du fuseau est lancé tout schuss. Des matières chaudes, douillettes avec esprit doudoune en 50 nuances de gris.

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Souvenirs de chaudes couvertures, vêtements plaids.

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Drapés savants, asymétrie. Carrure élargie pour vestes déstructurées. Escarpins façon moonboots. Magnifique robe rouge : « Orange is the new blast : reliefs irlandais plissés sur longue robe tunique de jersey ultra orange cold roulé, brèves épaules Belvédère sculptées 3D. »

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Les noms emportent vers les cimes : Col du Mont Blanc, Vin chaud, Satin à Tignes, Slalom sur les volcans, Igloo Igloo, L’avalanche avec des dérapages joyeusement contrôlés : Coq ring, Anna Winter, Santa Clothes, Lady Glagla, Complètement camée, Purple reine, Traîneau Rossi, Si Noël m’était comtesse… Un zeste d’inspirations ethniques où l’Inde croise l’Irlande,… Des prouesses artisanales en broderie avec effets de neige en paillettes.

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En final, La reine déneige sous une avalanche de flocons confettis de papier.

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De l’Inde à la banquise, une très belle collection après ski à savourer dans un air « Be Polaire ».

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Alexandre Vauthier

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Défilé rondement mené, dynamique et punchy pour Alexandre Vauthier sous un éclairage rose fluo disco. Coupes travaillées, structurées, mai ultra féminines pour nouvelles conquérantes. Asymétrie, jeux de drapés, fourreaux. Sexy et provoc sous un voile de transparence.

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Une mode aux réminiscences peut-être un peu Saint Laurent dans l’audace d’une féminité revendiquée, mais complètement bousculées pour les transformer en Alexandre Vauthier et inscrire son style juste dans l’air du temps avec une belle énergie. Métal hurlant façon vinyle ou cuir brillant.

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Des chapeaux, des imprimés à pois, des bottes surdimensionnées, de la dentelle en cascade, quelques plumes.

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Des décolletés plongeant, affriolant, signes d’une féminité asumée. Un défilé boule à facettes d’optimisme.

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Ulyana Sergeenko

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Ulyana Sergeenko s’inspire d’histoires de polar façon Hollywood où plane le souvenir d’Al Capone et de gangsters. De la prohibition aux punks, les méchants tiennent le haut du pavé dans un style qui se tourne vers les années 40. Taille marquée, épaules dessinées. Un côté un peu masculin pour le jour avec des manteaux de laine, des tailleurs, des chapeaux, des bérets.

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Glamour du soir avec des transparences, des broderies et des matières comme la soie, l’organza.

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Un zeste de fourrure en ponctuation, en étole.

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En accessoires, de grands sacs de voyage et de petits gants blancs à la Michael Jackson. Nostalgie de la femme fatale des films noirs.

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Les FIFI à la niche 3

 

 

 

Les grandes marques ont désormais pratiquement toutes des collections particulières… Dans cette catégorie, cinq finalistes pour un prix FIFI des experts dont trois Tom Ford et parmi eux, le lauréat : Vert des bois.

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Vert des Bois, Private Blend, Tom Ford. Une trilogie autour du mot vert avec en partie ces notes vertes souvent oubliées. Envolée verte pour un boisé puissant où se découvrent bourgeon de peuplier, feuille d’olivier et lentisque autour de l’idée de rêver, paradoxalement, à une forêt enneigée…

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Boy de Chanel. Une composition d’Oliver Polge autour d’un nom qui se joue sur différents registres, l’évocation d’un grand amour de Coco Chanel dont le surnom était Boy (Capel et l’idée de masculin-féminin dans un esprit garçonne. Une fraîcheur lavande et pamplemousse, des notes florales héliotrope, géranium, rose et néroli sur bois de santal. Oh Boy, à découvrir.

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Parco palladiano II de Bottega Veneta. Une très jolie collection qui évoque l’Italie, les jardins, les parcs et le charme de l’architecture palladienne. Ici une note vert, fraîche et épicée de poivre rose autour d’une magnifique architecture boisée de cyprès. Une composition signée Alexis Dadier.

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Néroli Outrenoir, Guerlain. Un nom forgé sur le contraste entre la luminosité avec le neroli et un noir cher à Pierre Soulages dans la collection des exclusifs. Une fraîcheur bergamote, petit grain, sur coeur fleur d’oranger, néroli, mais aussi thé fumé pour un fond plus sombre mais opulent, graine d’ambrette, mousse et magnifique myrrhe. Une élégante composition de Thierry Wasser.

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Soleil blanc, Private blend, Tom Ford. Un ambré floral aux accents solaires signé Nathalie Graccia Cetto. Épices en tête, cardamome, poivre rose sur fraîcheur bergamote sur coeur floral ylang-ylang, jasmin, tubéreuse, sur fond ambre, fève tonka et un accord lait de coco glacé. Sous le soleil exactement.

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Vert d’encens, Private Blend, Tom Ford. Deuxième opus autour du vert pour Tom Ford. Promenade dans les bois aux accents de conifères, pin et sapin mais aussi buis, résine et des vapeurs d’encens pour cet oriental boisé.

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Le pouvoir des fleurs, Pierre-Joseph Redouté

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Longtemps j’ai associé Redouté à un dessin de rose répétitif, ennuyeux que je vendais à la librairie de ma mère. Jamais je ne m’étais penchée sur son oeuvre avec intérêt et attention. Aujourd’hui l’exposition du Musée de la vie romantique me donne une vision différente de l’oeuvre de Pierre-Joseph Redouté.

10. Pierre-Joseph RedoutÇ (1759-1840), Fleurs _ roses trÇmiäres-raisins et le lori cramoisi-1836 Pari

Né à Saint Hubert (Ardennes) en 1759 (aujourd’hui en Belgique), il étudie les rudiments de la peinture en Flandres et en Hollande et puis s’installe à Paris en 1783. Membre de la société linnéenne parisienne, son oeuvre est autant scientifique qu’artistique. Avec son style précis et ses sujets botaniques, il a beaucoup contribué au goût des fleurs dans la bonne société de son époque. Passe la révolution et ses soubresauts. Redouté continue son oeuvre. Apprécié par Joséphine Bonaparte, il lui dessine des recueils.

 

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Pour ses planches botaniques, il se fixe des règles : « exactitude, composition et coloris ». Son premier grand ouvrage est une Histoire des plantes grasses avec leurs figures en couleurs et des textes descriptifs d’Augustin Pyrame de Candolle. Un thème en deux ouvrages publiés en 1799 et 1805. Suivront Les Liliacées (de 1802 à 1816) pour lesquelles Redouté réalise 486 aquarelles qui seront gravées par 18 artistes ; l’ouvrage sera dédié à l’impératrice.

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Redouté consacre ensuite une part importante de son travail à son grand projet sur les roses avec la publication de recueils qui recensent, à partir de 1813, un nombre important de variétés. Plusieurs volumes seront publiés entre 1817 et 1824.

Après 1830 et la création de la Belgique, il est fait chevalier de l’ordre de Léopold et dédie à la reine des Belges son Choix de soixante roses.

À Paris, il sera nommé Maître de dessin du Muséum. S’il connaît la gloire, son style finira par tomber en désuétude et sa fin sera entachée d’importantes difficultés financières.

L’exposition montre des planches de ses ouvrages, des aquarelles d’une précision remarquable et ses huiles.

Autour de Redouté, d’autres artistes sont présents ainsi Antoine Berjon, Jean-François Bony (avec notamment un projet pour un écran brodé du Musé des Tissus et textiles de Lyon (pensées pour ce Musée en péril).

Surnommé le Raphaël des fleurs, Redouté peintre botaniste a beaucoup travaillé l’aquarelle reproduisant avec force détails les fleurs et donnant leur nom scientifique.

Dans le jardin du musée, pour compléter l’exposition, des oeuvres contemporaines autour de la nature ainsi Bubonneuse, en grès et porcelaine d’Agnès Debizet. Stéphanie Martin, Verdure, Porcelaine, câble et laine, poétique « coeur qui bat ».

Une exposition en partenariat avec le Muséum national d’histoire naturelle et un parcours contemporain avec les ateliers d’Art de France.

1. PJ RedoutÇ (1759-1840) Fritillaire impÇriale-1807-Paris MNHN ∏ MNHN_Dist. RMN