Dries van Noten + Christian Lacroix

haute couture 2019 2020, fashion week, pret a porter 2020, Paris, Dries Van Noten

Très jolie surprise au défilé Dries van Noten avec un invité surprenant : Christian Lacroix. Le choix du lieu (Opéra Bastille, mais salle bunker en béton), des amis du couturier parmi les invités et sur les sièges une rose… Quelques signes dessinaient un subtil jeu de piste en prélude à une collection enchanteresse, opulente et baroque.

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Les univers des deux créateurs ont fusionné. Du volume, des volants, des plumes et une explosion de couleurs, un territoire sur lesquels les créateurs ont chacun une exceptionnelle maestria. Imprimés bariolés, géométriques, fauves; des pois, des fleurs… Opposition, juxtaposition, mélange, fusion dans un joyeux kaléidoscope multicolore.

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Dans un long communiqué sur le site officiel de sa maison, Dries Van Noten explique que, pour cette saison, il avait besoin d‘exubérance, d’un autre volume et il s’est rendu compte que « toutes les routes conduisaient au travail et au monde de Mr Christian Lacroix…». Il a aussi pensé au personnage de Marisa Berenson dans Barry Lyndon. Et cela l’a incité à avoir davantage de pièces spectaculaires cette saison.

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Respect et amitié entre deux créateurs, collection à quatre mains de deux univers qui se sont rencontrés. Pour Christian Lacroix : « Je suis un latin et je suis fasciné par la créativité dans le Nord. Je ne connais pas très bien la Belgique, mais il y a une élégance qui est retenue, mais discrètement généreuse. Dries a cela. » Pour le créateur belge : « Christian a été bien autre chose qu’un « moodboard vivant »… Cette collection est pour moi un peu en dehors de ma zone de confort, c’est une évolution ». Il ajoute : « cela nous a donné la liberté créative de penser : okay faisons de grandes formes, des couleurs vives, de grands motifs. Un plus grand, un peu plus brillant. Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? »

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Dans cette collection se sent la liberté de création, juste faire de belles choses, de beaux vêtements, sans se soucier de l’air du temps. Chacun y a trouvé son plaisir ; pour Dries : « respect et amitié » et pour Christian Lacroix : « chimie alchimie, joie… un vrai plaisir ».

Fantaisie, sensibilité, esprit baroque, une collection enchanteresse.

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Dawei

 

Women Ready to wear, summer 2020, fashion week, Milan, Ita, from the house of Dawei

Plongée dans l’Antiquité pour Dawei* avec une collection qui s’inspire de l’Egypte ancienne, mais fantasmée, rêvée et réinterprétée. Une maille bicolore ou tricolore où, sous forme de rayures, se découvre l’avatar hiératique d’une déesse égyptienne, probablement Bastet avec sa tête de chat.

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La rayure dans sa symbolique de vêtement de détente s’impose dans des modèles où une touche d’asymétrie vient déstructurer l’ensemble.

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Des robes longues drapées, pour des déesses d’aujourd’hui.

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Pulls à une manche amovible, armure en déconstruction.

Women Ready to wear, summer 2020, fashion week, Milan, Ita, from the house of Dawei

Oeuvre au blanc tout en volume et quelques silhouettes diaphanes, tout en transparence.

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*Dawei Sun, créateur chinois est diplômé de l’École de la Chambre syndicale de la couture parisienne. Il est passé par des maisons comme Balenciaga, Galliano et a été directeur artistique de Cacharel. Après Belle Ninon, en duo avec Ling Liu, il crée sa marque en 2016.

 

 

Photo Yannis Vlamos

Kimhekim

Kimhékim RTW SS20 Runway

 

D‘origine coréenne, Kiminte Kimhekim est passé par le studio Berçot et a ensuite travaillé chez Balenciaga pendant plusieurs saisons. Il a lancé sa marque en 2014 avec un style occidental nourri aussi de réminiscences coréennes comme le costume traditionnel. Il défile cette saison dans le calendrier officiel.

En point de départ de la collection une histoire de vacances dans un sanatorium pour se ressourcer ! Des silhouettes donnent le ton avec humour, malades déambulant sous perfusion avec le nom du créateur ou le mot « sick ».

Kimhékim RTW SS20 Runway

Quatre thématiques se croisent : 1° Buy if you can. Tous les rêves peuvent arriver et les pièces jouent la démesure un over over sized réussi, trench, chemise, cravate…

2° My uniform. Des basiques du quotidien à porter comme son propre uniforme. 3° Tonight. La fantaisie pour aller faire la fête.  Robes noeuds.

Kimhékim RTW SS20 Runway

4° Kiminte Kimhekim. Réminiscence de la Corée au travers d’une inspiration du hanbok, robe arc-en-ciel haut chemise et assemblage de couleurs en volume.

Kimhékim RTW SS20 Runway

Des étiquettes de vêtements démultipliées, assemblées façon post it, clin d’oeil à la logomania un peu ridicule de la mode d’aujourd’hui mais prisée des fashionistas sandwichs.

Un matin pas si calme.

Mame Kurogouchi

Mame Kurogouchi SS20-30

 

Désormais dans le calendrier officiel, Mame Kurogouchi (de son prénom Maiko) imagine sa collection tel un vêtement de protection. Influencée par une tradition séculaire au Japon : le soin prodigué aux emballages, toujours d’un raffinement extrême. Un art montré dans un ouvrage remarquable écrit par Donald Richie avec des photos de Hideyuki Oka et publié sous le titre français de Cinq oeufs dans un panier.

Une collection dans une palette naturelle avec une prééminence de tons verts. Chrysalide, cocon, effets translucides. Des tissus résille, un zeste d’asymétrie, quelques effets drapés, des superpositions…

Des impressions de motifs végétaux ainsi des iris très appréciés au Japon (rivières d’iris dans les jardins, estampes d‘Hiroshige…) et qui parfois se profilent discrètement sous un voile diaphane.

En accessoires, d’originaux modèles en PVC tout en transparence. Poésie d’un souffle venu du Japon.

Mame Kurogouchi SS20-2

Haider Ackermann

Haider Ackermann 
Ready To Wear Fall Winter 2019 Collection
Paris Fashion Week

 

Sharp, épurée, la collection d’Haider Ackermann joue sur l’identité. Une cabine avec des mannequins (hommes et femmes) au look androgyne, coiffure courte et cheveux plaqués. Un monde où l’un est l’autre. Toujours des coupes rigoureuses, parfaitement maîtrisées.

Haider Ackermann 
Ready To Wear Fall Winter 2019 Collection
Paris Fashion Week

 

Une palette réduite même si l‘association du rouge et du blanc emporte vers un Japon imaginaire.

Haider Ackermann 
Ready To Wear Fall Winter 2019 Collection
Paris Fashion Week

 

Vestes masculines, pantalons cigarettes. Motifs noir et blanc façon cristaux de neige, chevrons ; juste rehaussés d’une touche de rouge.

Haider Ackermann 
Ready To Wear Fall Winter 2019 Collection
Paris Fashion Week

Haider Ackermann 
Ready To Wear Fall Winter 2019 Collection
Paris Fashion Week

Top blanc avec ondulation noire sur les manches.

Haider Ackermann 
Ready To Wear Fall Winter 2019 Collection
Paris Fashion Week

Un côté militaire dans la (dé)marche et la musique. L’essentiel de la collection broie du noir, s’illumine de blanc et se dramatise avec le rouge.

Haider Ackermann 
Ready To Wear Fall Winter 2019 Collection
Paris Fashion WeekHaider Ackermann 
Ready To Wear Fall Winter 2019 Collection
Paris Fashion Week

Issey Miyake

 

Miyake 27

Une mode toujours joyeuse et ludique pour Issey Miyake. La technologie est là pour faire bouger les lignes. Cette saison « Dough Dough », une matière (« pâte ») à mémoire de forme revêt différents aspects. Les tissus semblent (re) bondir, sauter dans l’espace et l’occuper dans une dynamique chorégraphie.

Miyake 19

« Blink » est la nouveauté textile, un tissu sur lequel sont imprimés des motifs en résine. Un kaléidoscope de couleurs recompose des tableaux abstraits très colorés. Tissus à facettes comme une gemme géométriquement taillée. Nervures et pliures.

Miyake 24

Miyake 29

Pour les chaussures se continue la très réussie collaboration avec United Nude. Des formes amples, enveloppantes, rassurantes et gaies.

Miyake 31

 

Photos Frederique Dumoulin