Jean Paul Gaultier

 

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L’un est l’autre chez Jean Paul Gaultier pour qui les vestiaires des deux sexes ont souvent été confondus ainsi une garde robe pour deux en 1985 qui déjà jouait sur les codes du smoking. Cette saison des mannequins hommes viennent bousculer le cadre de la couture et donnent le ton à une collection qui mêle les genres. Alternance de tailleur et de flou avec de superbes drapés. Tuxedo pour lui, pour elle, avec des coupes structurées et déstructurées. Du noir et du blanc pour le soir et une explosion de couleurs.

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Découpes, asymétrie.

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En ponctuation, des galurins signés Stephen Jones en forme de fez revisité et allant jusqu’à oblitérer le visage. Jeu de mots sur la notion de smoking avec des accesoires en volutes de fumée et en bande son Cigarette d’Higelin. Déconstruction, decoupes, trompe l’œil Et toujours les jeux de mots autour des noms de modèles : De mâle en pie, Mélange des genres, Il smoke de tout, La tailleuse de costards, Le père Noël est une guipure, Pas de fumée sans fun. Une collection très Gaultier. Smoking or not smoking ?

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Maurizio Galante vogue vers Cipango

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Avec Maurizio Galante le voyage tient toujours ses promesses. En route pour Rabat-Cipango où l’exotisme est de mise.

Cette saison, le créateur a collaboré avec des artisans* du Maroc. Passionné par les voyages et surtout par les grands explorateurs qui ont parcouru le monde à la recherche de terres inconnues et de la mythique route des Indes, Maurizio Galante a imaginé un axe Rabat-Cipango. Fantasque rencontre entre la ville où est situé l’atelier de couture au Maroc et le nom donné au Japon par Marco Polo, italien comme le couturier.

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Le créateur a travaillé entre Rabat et Paris, mixant les influences, les tissus, des broderies du Maroc et d’ailleurs. Pour les formes, l’ampleur des caftans, djellabas, mais aussi kimonos, obi, sari réinventés, détournés. Tissus drapés, noués, attachés, mais aussi à l’envers, beauté de fils en suspension, teinture shibori… Fusion des savoir-faire du monde et exquis travail des artisans du Maroc. Une palette de couleurs exubérante, riche. Vêtement fusion, vêtement universel tout simplement magnifique.

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La bonne surprise est qu’une partie de ces créations demeure visible jusqu’au 30 septembre à L’IMA où a eu lieu le défilé couture.

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*L’association AMESIP qui aide les enfants en situation précaire a un atelier de couture avec lequel Maurizio Galante a imaginé ses tissus et broderies selon des techniques typiquement marocaines.

  • Photos Jean Louis Coulombel.

Iris van Herpen

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Syntopia. Iris van Herpen orchestre la rencontre entre biologie et technologie. Pour enrichir son univers très personnel, poétique et signé, la créatrice invite régulièrement des artistes qui viennent participer à sa vision de la mode. Cette saison Lonneke Gordijn et Ralph Nauta de Studio Drift sont intervenus avec une installation cinétique en 18 étapes (18 ailes de verre qui représentent l’action de voler de façon abstraite ).

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« En tant que danseuse, la transformation dans le mouvement m’a hypnotisée » dit Iris van Herpen qui s’est penchée sur la précision du mouvement d’un oiseau, d’un avion et sur les travaux d’Etienne Jules Marey (succession de photos pour permettre de comprendre le mouvement en le décomposant). La créatrice a observé le drapé d’un vêtement à travers la chronophotographie. «  En ralentissant en secondes fractionnées, j’ai commencé à casser la façon habituelle de draper le tissu pour en créer des couches… comme les strates des plumes d’oiseau. »

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Au final, un mélange de techniques traditionnelles artisanales et une pulsion technologique. Technique de tissage, coupes au laser… Organza de soie plissée en couches superposées dans des directions différentes pour donner l’impression de mouvement au ralenti.

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« Inside a second » transpose le travail de Studio Drift et de la chronophotographie en deux tons d’organza thermosoudés avec mylar et coton. « Mimesis robe corset », sur des patrons de fréquences d’oiseaux, coupe au laser, mylar, coton noir, acrylique. Impression de plumage.

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Sous une rangée de tubes en mouvement continu et ondulatoire, un temps paradoxalement suspendu, une collection aérienne, un nuage de poésie.

 

Photo Yannis Vlamos

Noureddine Amir

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D’origine marocaine, Noureddine Amir a déjà eu les honneurs d’une exposition au musée Yves Saint Laurent à Marrakech. Pour la première fois un créateur marocain (et même africain) est invité à présenter à Paris dans le calendrier officiel de la couture. Après des études de mode à Casablanca, il s’est installé à New York où il a travaillé en tant que costumier. De retour au Maroc, il œuvre désormais à ses propres créations.

Dans un bel espace de l’Institut du monde arabe, Noureddine Amir présente un univers inspiré par la faune et la flore. Il a choisi de donner la prééminence au noir pour son élégance intemporelle. Transposition de fonds marins en d’intrigantes formes, coraux, gorgones, algues. Volutes de coquillages. Avec des matières fabriquées au Maroc, il « sculpte » ses modèles. Soie froissée, tubes de mousseline de soie,… Des vêtements aux détails très travaillés. Une collection où un côté brut fusionne avec le raffinement.

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Aganovich

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Membre invité en haute couture, le duo Aganovich (Nana Aganovich et Brooke Taylor) réussit avec brio un défilé poétique et original. Les formes très travaillées des vestes toujours marquent la taille et se découvrent dans des tissus plus précieux. Multiplication des effets de drapés toujours très complexes et sophistiqués. Blouse et robe à volants tout en volume.

Riche jeu d’asymétrie, mode en savante déconstruction. Tissus d’aspect brocart. Télescopage de styles. Du noir, du blanc et une palette de couleurs très raffinée.

Charme de rétro nostalgie aux allures d’une mode d’hier transfigurée par les coupes très élaborées de Nana Aganovich.

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Originalité du stylisme avec des mannequins aux allures atypiques avec coiffures de couleur et coiffes sophistiquées (Stephen Jones).

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Une vraie collection couture par le travail tout en conservant la signature stylistique d’un duo qui crée depuis une dizaine d’années. Une mode en déconstruction et reconstruction au parfum de vieille Angleterre (pas péjoratif). Une collection éminemment poétique, une bulle de plaisir à déguster sans modération.

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Schiaparelli

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La maison Schiaparelli a quitté sa place Vendôme pour les ors du palais Garnier. Un des magnifiques salons baigne dans un halo rose. Think pink ! Le rose est à l’honneur avec un emblématique modèle « Shocking », manteau de moire sur pantalon de satin duchesse et masque insecte. Avec « Pink flamingos », les exquis échassiers se dressent fièrement sur une cape dans un camaïeu de roses.

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Pour sa collection Animalia Fantasia, Bertrand Guyon a choisi la haute fantaisie d’un thème animalier. Le bestiaire s’invite avec des détails ou en grands motifs imprimés. Les zébrures jouent sur le noir et blanc, optique étoffe du diable en nuages.

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Le tacheté léopard rugit vers la jungle. Des plumes en touches virevoltent au vent. Escadrille de papillons dans un souffle de légèreté.

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Des masques animaliers amplifient l’ambiance de fantaisie d’un carnaval des animaux couture.

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Exquis patchwork de tissus avec « Cachette d’hiboux », arche de Noé sylvestre.

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Une touche de végétalité avec une arachnéenne dentelle de lierre.

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Esprit fauve, jungle, savane mais aussi envol d’oiseaux, de papillons ; un riche bestiaire.

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Magnifique femme fleur, « Miss West » avance masquée sous un bouquet à l’image de celui composé par Léonor Fini pour le parfum Shocking, chef-d’oeuvre de Schiaparelli en forme de buste et inspiré par le physique généreux de Mae West.

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En noir et blanc, graphique, se découvre sur un magnifique caftan le visage d’Elsa dont la maison n’oublie pas le nom.

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Un côté arche de Noé (après le déluge) où la couture a droit de cité. Sous le signe d’une délicieuse fantaisie, une très belle collection.

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Christophe Josse

 

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Harmonie d’écru, de blanc, de craie, dans des matières aux allures brutes et raffinées. Christophe Josse travaille avec des artisans pour sélectionner des tissus très travaillés. Inspiré par des textiles des régions centrales de l’Europe et de l’Asie, le créateur fait découvrir d’anciennes techniques traditionnelles comme le feutrage qui mêle des fils d’alpaga, de cachemire, de mohair, d’angora… Le feutre est ensuite moulé, roulé, travaillé avec l’ajout de fils de soie sauvage de Madagascar teintés de tons or, cuivre, bronze pour apporter un nouvelle noblesse.

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Sur les tissus s’invitent parfois quelques touches de couleur, des broderies… Effets tapisserie.

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Majestueux, hiératique, le lin défile dans toute sa splendeur ; son apparence rustique est ici transfigurée par la couture. La délicate palette des blancs cassés est tout à coup traversée de l’éclat d’un satin duchesse jaune profond, métallique.

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Pour les bijoux, un souffleur de verre, Brigitte Bonnave compose de bulles qui se métamorphosent avec l’ajout de métaux en bijoux (Maktar Touré). Poétique et raffiné.

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