Thom Browne

THOM BROWNE PARIS FASHION WEEK FW18 04/03/2018

 

50 nuances de gris pour un défilé excentrique et jubilatoire où le XVIIIe siècle se projette dans le XXIe siècle avec une exacerbation du corps transposé en vêtement parfois morcelé.

Ambiance école des Beaux-Arts où les élèves, toutes à l’identique, prennent la pose, pinceau à la main devant leur chevalet. Déambulent les modèles dont les tenues s’approchent de la sculpture, même si leur style flirte avec une savante déconstruction. Difficile de résister à la tentation de parler de 50 nuances de gris à propos d’une collection où tout se joue sur ce demi ton avec parfois des touches de blanc, des pointes de noir. Thom Browne a choisi pour thème « grey flannel », un basique joyeusement chahuté.

THOM BROWNE PARIS FASHION WEEK FW18 04/03/2018

Protubérances pour formes curieuses comme celles d’une Vénus de Willendorf passée au gris, au marbre, au plâtre en trompe-l’oeil. Callipyge de la saison dernière, buste démultiplié, à quel sein se vouer ? Un corps transposé, exacerbé tandis que les artifices voire afféteries déconstruisent avec humour le vêtement. Motif de mur craquelé, fissuré. Marbre pour néo Pandore.

Des coiffures (Eugène Souleiman) inspirées d’un tableau de Vigée Le Brun et aussi la rencontre à la Lautréamont entre un Brancusi et un oeuf de Fabergé pour les «chauves » voulues par Thom Browne (cheveux plaqués, lissés et pailletés).

THOM BROWNE PARIS FASHION WEEK FW18 04/03/2018

Un vêtement construit et déconstruit où le corps surgit entre dessus et dessous, où il se fige en tailleur strict mais chahuté, où il se pose en sculpture vivante. Une mise en scène parfaite au service d’une esthétique baroque saupoudrée d’humour.

 

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Comme des garçons

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Démesure, extravagance, délire, fantaisie, folie, excès… et un mot, « Camp », choisi par Rei Kawakubo, pour « expliquer » sa collection en référence à cette notion développée par Susan Sontag*. Pour la créatrice : « Camp n’est pas quelque chose d’horriblement exagéré, hors de l’ordinaire, non sérieux ou de mauvais goût. Cette collection est venue du sentiment qu’au contraire Camp est vraiment et sincèrement quelque chose de profond et de nouveau et qui représente une valeur dont nous avons besoin ».

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Dans la collection, des superpositions, de l’accumulation, des nuages de tulle. L’empilage de couches de tissus vient composer d’extravagants mille feuilles. Emprisonnés, les tissus débordent, coupés à vifs, bord franc ou déchiquetés brutalement.

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Du volume, des « crinolines » et aussi des demi-vêtements abracadabrantesques. Femme fleur aux pétales bleu marine et visage au centre de la corolle sur jupons imposants.

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Patchworks de tissus, effets mats ou brillants. Demi vêtement or et noir et demi robe « flamenco » rouge et noir à volants démultipliés.

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Quelques carreaux, des fleurs désuètes, un motif de Betty Boop déconstruit; maille découpée.

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Imprimé fauve aux couleurs psychédéliques, tacheté sur fond mauve, félin mutant. Enveloppe blanche à pois rouge posée sur jupon à motif végétal.

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Des silhouettes comme des gâteaux, mille feuilles ou tranches napolitaines.

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Une collection multicolore, extravagante, baroque, anarchique et joyeuse.

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*Parmi les notes sur « Camp » publiées par Susan Sontag et dédiées à Oscar Wilde :

Le « camp » est fondamentalement ennemi du naturel, porté vers l’artifice et l’exagération.

1… L’idéal ne sera pas la beauté, mais un certain degré d’artifice, de stylisation.

6. « Camp  » ? Jean Cocteau et pas André Gide, Richard Strauss et pas Wagner.

25. La marque distinctive du « Camp », c’est l’esprit d’extravagance… Le « camp », c’est souvent la marque du démesuré dans l’ambition de l’artiste, et pas simplement dans le style même de l’oeuvre.

26 « Camp » … « en fait trop ».

41. Le « Camp » vise à détrôner le sérieux, le «Camp » est enjoué, à l’opposé du sérieux….

  1. Le « camp » nous propose une vision comique du monde.

 

Lutz

 

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Défilé dans une église pour Lutz qui continue sur sa lancée très réussie de vêtements bi-matières. Mixité de style pour des pièces hybrides, confortables, originales.

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Cette saison, des jeux de plissés, de manches très retravaillées. Manteaux à épaules reconstruites vers l’avant, ailes d’ange.

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Une touche de doré, effet Midas matelassé.

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Asymétrie, vêtements boules. Vêtement fétiche, le blouson de jean associé à d’autres tissus est anobli.

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Vêtements coeur croisé. Bombers, blousons recomposés. Parmi les couleurs, le kaki joyeusement épicé de doré. Une très belle collection.

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Undercover

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Back to school pour Undercover avec une collection de silhouettes junior qui semblent renouer avec le style preppy. Une touche de sportwear et un zeste d’uniforme scolaire pour une allure décontractée ponctuée de couvre-chefs, bonnets, aux allures de petits chaperons (rouge, vert, jaune, bleu,…) ou encore de casquettes. Polos, bombers, sweat-shirts,… Une touche de destroy (jean dechiré).

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Les sages collégiennes portent chemise blanche et cravate sous la veste de l’uniforme.

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Des formes amples, confortables, décontraction au programme. Des détails dans le travail des matières, tissus chiffonnés et à jamais figés, rigidifiés.

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En leitmotivs reviennent des phrases « I am both happy and sad », « We are infinite ».

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Une collection à voir au-delà d’une simple allure street wear et y retrouver la patte de Jun Takahashi.

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Noir c’est noir, Kei Ninomiya

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Oeuvre au noir pour femmes fleurs aux visages engloutis de pétales * aux allures arcimboldesques. Un premier vrai défilé parisien pour Kei Ninomiya et son label Noir (sous l’ombrelle de Comme des garçons).

Un travail monochrome où le noir se révèle avec différentes tonalités, des effets de mat, de brillance dans des jeux de matières. Des superpositions, du volume. Construction, déconstruction. Vêtements à facettes, bouillonné, matelassé, rubans, froufrous…

Si le noir conserve son absolue élégance, il s’habille ici d’une délicieuse poésie.

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*masques floraux de Makoto Azuma

Haider Ackermann

Haider Ackermann
Ready To Wear Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion Week

 

Ambiance trouble pour le défilé d’Haider Ackermann où flotte un mystérieux brouillard. Perruques tête d’oiseau pour des filles à la dégaine assumée. Avec toujours un travail de coupe précis, la veste s’enlumine de détails retravaillés, de rubans, s’oppose au legging coloré.

Haider Ackermann
Ready To Wear Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion Week

Des effets façon vinyle noir. Des reflets brillants mordorés dans une palette de couleurs délicates, raffinées en demi tons, orange, absinthe…

Des oppositions marron-turquoise. Rugit une touche d’imprimé animalier.

Des satins brillants. Motif sinisant de fleurs brodées sur soie précieuse. Robes bimatières.

Haider Ackermann
Ready To Wear Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion Week

Junya Watanabe

 

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Plongée dans la démesure, dans l’oversize pour une collection où l’un est l’autre avec des formes de vestes très masculines. Carrure élargie et manches qui se prolongent, la silhouette s’affirme en un nouveau déséquilibre. Jeu de transformation pour doudounes couettes de survie.

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De type bombers, les blousons se brodent de motifs floraux et se finissent en bouillonné sur les manches.

Tout un passage de fausse fourrure aux formes complexes, démesure et sophistication pour léopard tacheté.

Manteau droit aux manches patchwork de fourrure.

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Robes à fleurs retromania sur legging sport.

Et toujours une pointe de démesure, de jubilatoire décalage pour modifier la perception du corps.

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