Jungle

 

jungle_verushka_by_rubartelli_684

 

En ouverture, une photographie de Veruschka avec un maquillage félin fusionne l’homme (en l’occurrence la femme) avec la notion d’animalité pour se fondre dans une nouvelle jungle, un retour aux sources sous l’oeil de Franco Rubartelli. Avec l’exposition Jungle, la mode célèbre ses inspirations animalières au travers d’un centaine de vêtements à Turin à la Venaria Reale.

gianfranco-ferre

Si l’homme a sans doute commencé par se vêtir de peaux de bête pour se protéger du froid, il s’est ensuite éloigné de cette animalité même si la fourrure est demeurée un des choix de l’hiver augmenté d’une certaine idée de luxe (aujourd’hui un peu dépassée et surtout remise en question). L’invention des zoos (Londres en 1828) a permis une meilleure connaissance d’animaux exotiques venant de contrées lointaines. Pour Desmond Morris : « Il ne faut pas comparer le citadin avec l’animal sauvage, mais avec l’animal captif ». Un citadin en tenue fauve serait alors deux fois plus « captif » ?

fauve 5

Ces fauves en cage sont venus réveiller la mode. Avec les motifs animaliers, la femme joue à la sauvage, se « déguise » en animal en prenant les attributs d’un pelage, adoptant des rayures, des zébrures, des taches… pour s’offrir une animalité de parade. D’exotiques vêtements seconde peau, allusion à une première peau chez les animaux.

La majesté, l’allure de certains animaux a fait rêver et la mode s’en est emparée. Déjà Christian Dior eut l’exclusivité d’un imprimé « léopard » Bianchini Ferier pour deux ans et il utilisa régulièrement des motifs « fauves ». Pour le couturier : «  le léopard convient aux femmes plutôt sophistiquées ». Apanage du pouvoir, le vrai léopard signe les tenues d’apparat d‘hommes politiques comme pour Mobutu et sa toque, surnommé le Léopard du Zaïre…

 

 

Les fauves

Source d’inspiration sans fin, les fauves s’impriment à foison et sont qualifiés en vrac et dans le flou de « léopard ». Les robes léopard amplifient l’idée de sexualité chez la femme qui porte ces motifs. Plusieurs salles rugissent de ces imprimés que l’on retrouve au plus près du corps dans les sculptures d’Alaïa et en pleine gloire et multiples variations chez les créateurs italiens comme Versace, Dolce & Gabbana, Valentino, Cavalli… avec un côté baroque. Ce type de motif est-il particulièrement propre à la mode italienne dans sa vision d’une femme éminemment sensuelle, féline ? Parfois du baroque au kitsch la frontière est ténue…

fauve 3

Savane

Le zèbre et ses belles rayures op noir et blanc offre son oblitération graphique à la mode. La girafe est aussi un modèle avec sa robe tachetée géométrique dans un camaïeu marron beige.

stella-mccartney_autunno-2015_look10

Oiseaux et plumes

Hors imprimés s’invitent aussi des éléments comme les plumes qui ont eu leur heure de gloire avec la couture et qui sont aujourd’hui un peu tombées en désuétude avec de moins en moins de plumassiers, mais elles se posent encore sur des vêtements et ornent régulièrement des chapeaux. Maurizio Galante crée des silhouettes animalières sur des résilles et ajoute des plumes dans un enchevêtrement baroque.

Fauve 2

fauve 8

 

 

Insectes

Ailes de papillons, ocelles multicolores inspirent par leurs gammes incroyables. Les formes d’insectes ont aussi été utilisées par Thierry Mugler dans une extraordinaire collection de couture. Inspirations papillons chez Jean Paul Gaultier et pour le prochain hiver chez Undercover. Une vision futuriste des insectes se découvre dans les incroyables robes alien d’Iris van Herpen.`

fauve 7

gaultier_effect-papillon

fauve 4

Dans le décor du palais ont été construites des structures fantastiques en bois et s’invitent les différentes thématiques autour de l’animalité. Imprimés léopard, tissus tachetés, zébrés.. Un paradoxe que l’homme s’éloignant de l’animalité y revienne par le biais de la mode.

Pour Jungle L’immaginerio animale nella Mode, Un intéressant catalogue ma solo in italiano… avec des dérives vers l’art (des miniatures médiévales à Meret Oppenheim sans oublier la photo (Man Ray, Baron von Gloeden..) et la référence à Keynes et les « esprits animaux ».

Roarrrrr !

fauve 6

 

Veruschka

Gianfranco Ferré

Valentino

Alaïa

Stella Mc Cartney

Maurizio Galante

Mugler

Gaultier

Iris van Herpen

Maurizio Galante

 

Black Fashion designers

 

 

BFD10

 

Curieux intitulé que celui de la dernière exposition du FIT de New York consacrée aux « black fashion designers ». L’idée est venue suite à l’agacement d’un designer, Kerby Jean-Raymond (après sa collection printemps été 2016) de se voir en permanence qualifié de « black designer » considérant que cette appellation était un peu limitée !

La représentativité de designers répondant à cette appellation est très faible sur le site de voguerunway.com avec une présence à hauteur de 1%.

Le FIT a choisi de rassembler ces designers au travers de différents thèmes très classiques : soir, mode masculine, street style… avec un espace dévolu aux influences ethniques du continent africain.

L’exposition remonte dans le temps jusqu’à l’époque où déjà à la fin des années 40 quoique encore sous la ségrégation sont apparus des designers « blacks » qui ont eu un certain succès : Zelda Wynn Valdes et Ann Lowe. Des couturiers qui annoncent la transition vers ce qui va devenir la mode des créateurs.

Dans les années 60 Arthur Mc Gee, Wesley Tann et Jon Weston ont tous travaillés pour d’autres avant de lancer leurs marques. Weston disait «  J’ai été aussi loin que j’ai pu sur la 7eme avenue, mais elle ne grandissait pas avec moi ».

Dans les années 70, les blacks designers deviennent même sous cette appellation, très « fashionable » avec Willi Smith, `Stephen Burrows et Scott Barrie au style body conscious. Et puis la mode passa. Willi Smith explique : »When the hype was over, people thought there were no more black designers. In a way it’s a blessing. Now we can get on with being what we are : designers ».

Eric Gaskins, qui a appris son métier avec Hubert de Givenchy s‘est mis lui à créer dans la tradition de la couture ainsi des robes blanches traversées de traits comme au pinceau pouvant faire penser à Franz Kline.

Joe Casely-Hayford ajoute un côté un zeste anarchique à une mode so british.

Américain, Patrick Kelly a eu sa carrière météorique mais remarquée en France (décédé à l’âge de 36 ans en 1990). Il a beaucoup utilisé les boutons en souvenir d’une pratique de sa grand-mère qui récupérait ce qu’elle trouvait et renouait avec ses racines. Il a ajouté fantaisie et humour à nombre de ses créations. En référence à son « patrimoine », il en a joué avec audace faisant défiler Pat Cleveland façon Joséphine Baker avec jupe ceinture de bananes. Et pour logo et emballage, il n’a pas hésité à réinterpréter une figure de golliwog. À l’époque de sa gloire il fut accusé aux États-Unis de promouvoir des stéréotypes racistes. Dans une interview au Time il dit :  » Je ne suis pas le « Grand espoir noir ». Mais c’est comme dit la chanson. Tu te sers de ce que tu as pour obtenir ce que tu veux ».

BFD6

BFD8

Duro Olowu, Nigérien jamaïcain basé à Londres a choisi lui de s’inspirer de l’Afrique.

Quelques modèles proposent une mode activiste avec des messages politiques et sociaux. Photo du magazine anti apartheid Drum sur des modèles du Sud Africain Nkhensani Nkosi.

BFD9

Kerby Jean Raymond, inspiré par l’histoire d’Ota Benga, un africain du 19es enferme dans la monkey House du Bronx redessine ainsi un lien avec un passé douloureux.

Au final une exposition qui permet de faire le point sur le sujet et de conclure que la création est plus le fruit d’études, d’apprentissage et du lieu dans lequel on évolue plus qu’une couleur de peau. Mais la question méritait d’être posée…

BFD5BFD1BFD14

Comme des garçons au MET

16.CeremonyofSeparation,Autumn2015

« What I’ve only ever been interested in is clothes that one has never seen before »

Déstructure, asymétrie, protubérances, non fini, volumes exacerbés, sculptures, enfermement, improbabilité, non fonctionnalité, imperfection, accident, … Les points d’ancrage des créations de Comme des garçons suivent de nombreuses pistes, brouillent les codes, bousculent la mode en un perpétuel et fascinant hors piste.

Événement majeur sur la planète mode, le MET de New York a choisi d’organiser pour la deuxième fois dans l’histoire du musée une exposition autour d’un créateur vivant. La première fois, c’était Yves Saint Laurent en 1972 et aujourd’hui Comme des garçons. Le conservateur Andrew Bolton a dû négocier, batailler avec Rei Kawakubo pour orchestrer cette exposition qui ne pouvait être « normale ». Il ne s’agit pas d’une rétrospective dont Rei Kawakubo n’aurait pas voulu ni de la mise en scène des seules dernières collections qui aurait été sans doute le choix de la créatrice. Au final la sélection s’est posée sur des collections qui demeurent des jalons importants en termes de créativité dans l’histoire CDG.

En titre, Andrew Bolton a choisi de parler de « Art of the In-Between », une notion sans doute d’abord à rapprocher de la conception japonaise du ma (en 1978 les Arts décoratifs de Paris proposaient Ma, l’espace temps au Japon). Cet intervalle mystérieux s’immisce, s’articule entre le corps et le vêtement comme ce kimono qui laisse place à la circulation de l’air et soustrait la vision du corps à l’oeil. S’ajoute aussi la notion de mu, s’approchant du vide.

Mentionnée en référence, la pirouette des énigmes zen, l’abstraction loufoque des koan, difficiles à réellement comprendre, à interpréter, est à accepter. Cette forme d’absurdité peut ainsi se conclure en posant une chaussure sur sa tête…

Les sous-titres dans l’exposition jouent sur les oppositions, les complémentarités ainsi Then/Now, Model/Multiple, Self/ Others, Fashion/Antifashion, Then/Now, High/Low, Object/Subject, Design/Not design.

40 ans de mode

Avec ses audaces, Rei Kawakubo a bousculé la mode dans les années 80, imposant le noir, la déstructure, la déconstruction, l’asymétrie, le goût de l’accident (pour perturber le maillage classique d’un tricot, elle n’hésitait pas à faire desserrer les boulons des machines), le non fini de bords francs coupés à vif, la déchirure, les trous… Les propositions furent multiples. Dès la première collection présentée à Paris (1981), la rupture était consommée. Se profilait aussi une forme de négation de la féminité enrichie par l’intellectualisation du vêtement. Pour le New York Times à l’époque : «  Ce sont des vêtements pour de vraies femmes, pas des Barbie ». La troisième collection à Paris (pro)clamait « Destroy ». Et si dans les années 80 Rei Kawakubo a été dans l’air du temps, elle n’est pas restée engoncée et enfermée dans ce style qui l’avait propulsée sur le devant de la scène. Pas de carcan, pas de compromis pour elle ; chaque saison les compteurs sont remis à zéro, tout en gardant la même rigueur dans de nouvelles explorations. S’ensuivirent moult chemins de traverse : Afrique, lingerie, Royaume-Uni, punk, cubisme…, télescopages d’inspirations au service d’un résultat toujours innovant, décapant les clichés d’une mode ronronnante.

Dans son histoire de mode, Rei Kawakubo a deux grandes ruptures. Une première fois en 1979 pour forger ce qui allait devenir son style et une nouvelle étape en 2014 où elle s’éloigne finalement complètement de la fonction du vêtement pour partir vers d’autres sphères. « Pourquoi des bras » avais-je écrit après une collection où le vêtement enfermait le corps, l’enrobait et se muait quasi en sculpture.

De nombreuses collections ont aussi marqué les esprits et certaines ont droit de cité dans l’exposition. En 1997 Body meets dress fusionne le corps avec le mouvement et là, plus de distance, plus d’espace, mais une silhouette moulée, modelée et bosselée avec l’ajout de protubérances pour un corps transformé, déformé, transfiguré. Quasimodo des temps modernes, la collection Body meets dress, Dress meets body propose la mise à carreaux de vêtements stretch aussi utilisés par Merce Cunningham pour le ballet Scenario.

13.BodyMeetsDress-DressMeetsBody,Spring1997

La collection Cubism du printemps été 2007 joue sur les collages de formes et s’impose un rond rouge, souvenir d’un soleil levant ?

09.Cubisme,Spring2007

Dans la collection 2D, Flat Design ou 2 Dimensions, de l’automne-hiver 2012 tous les vêtements étaient conçus à plat, rigides, le volume étant donné par le corps qui s’y inscrit, se déploie pour mieux s’aplatir, poupées de papier déambulant mécaniquement.

Aujourd’hui

Les dernières collections ne cessent de repousser les frontières, le vêtement aussi grandit, se déploie dans une démesure baroque. Pour l’automne hiver 2016 : punk et XVIIIe siècle ont fusionné. Période dynamitée par la révolution française, la fin de siècle tourne la page sur les fastes et proclame (fut-ce temporairement) la république. Dans un siècle où les codes du luxe sont en vigueur à la cour va s’inviter une vision anachronique et punk. Le vêtement joue sur des strates, des épaisseurs tandis que le volume se dessine par plans qui se superposent, s’additionnent. Si la fleur fait tapisserie, des matériaux contemporains lui dament le pétale. Disruption avec matière plastifiée façon vinyle lisse et brillant. Vêtements carapaces, articulés, armures d’un nouvel âge, allure hiératique de fantômes de samouraïs. Froufrous, superposition d’éléments, empilage, excroissances. Carrure démesurée, oversized, bras ballants augmentés. Incongruité de trous, espaces ouverts sur corps morcelé. Démarche altière et mécanique de princesses impossibles d’un monde où la création est reine. Vestiges d’hier pour mode d’aujourd’hui. Paniers, plis Watteau, robes à volume fusionnent avec excroissances, superpositions. Enseveli, englouti, le corps semble parfois proche de la disparition sous l’amoncellement des tissus dans une exquise procession hors du temps.

07.18thCenturyPunk,Autumn2016

Blue Witch (printemps-été 2016) magnifiait le bleu, les volumes et juxtaposait les matériaux, ajoutant avec panache des plumes pour sorcières contemporaines. Collection baroque aux volumes de théâtre pour nouvelles merveilleuses et incroyables du XXIe siècle.

06.BlueWitch,Spring2016

Invisible clothes, la collection du printemps-été 2017 accentuait la démesure des volumes, sculptures en mouvement, oeuvre au noir, cocons mortifères, tartans, silhouettes bibendum… Et enfin pour l’automne hiver 2017 les formes flirtent avec le biomorphisme d’un Hans Arp. Enveloppes, cocons nuageux, sculptures fantasques dans des matériaux doux ou rêches, ou encore bourrette, papier kraft, aluminium, ornés de trous, ouvertures, découpes, patchworks… Pandore née de terre et d’eau mise en marche, hiératique, impériale.

L’exposition se découpe en niches, espaces blancs immaculés qui donnent à voir, parfois entrevoir, par groupes un, ou deux modèles ou une dizaine de silhouettes, portraits de groupe d’une collection au sol ou en élévation.

Cette exposition majeure ne fait que confirmer l’importance du talent et l’incommensurable créativité de celle qui est sans doute devenue sans le vouloir, sans, sans doute, même l’imaginer au départ une référence absolue en mode. Reconnue par ses pairs pour un bouillonnement créatif sans fin, Rei Kawakubo ne cesse de repousser le bouchon de la création.

15.NotMakingClothing,Spring2014

L’influence de Comme des garçons dans l’histoire de la mode en Occident peut aussi aujourd’hui être mesurée. S’il n’y avait pas eu cette révolution venue du Japon dont elle incarne la figure majeure, la mode aurait sans doute poursuivi un cheminement différemment, dans un registre de féminité, de glamour mettant souvent la femme sur un piédestal, mais de quasi femme objet. La symétrie occidentale héritée de la Grèce et jamais vraiment mise à mal auparavant découvrit une mode en rupture et s’en inspira pour se recréer aussi. Si la mode occidentale avec (grâce à ?) Comme des garçons s’est mise à broyer du noir avec délices, elle n’a cessé depuis d’être bousculée au fil des saisons. Quant à l’omnipotence du noir, Rei Kawakubo la remettait déjà en question en 2002 avec son : « Red is the new black ».

Une parenthèse surenchantée à voir absolument et pas seulement pour les amateurs souvent inconditionnels…

02.BodyMeetsDress-DressMeetsBody,Spring1997

Photos

Paolo Roversi et Craig Mac Dean

Tout ça c’était Hyères *

_LHP2782

 

 

Désormais une institution, le festival international de mode et de photographie d’Hyères s’est ouvert cette année aux accessoires avec un nouveau prix et a célébré Schiaparelli via une très belle exposition des créations de Bertrand Guyon. Sous la houlette de Jean-Pierre Blanc depuis 32 ans s’anime la ville de Hyères autour de la mode tandis que les expositions s’installent dans le magnifique lieu qu’est la Villa Noailles.

Pour les prix mode ont été sélectionnés dix stylistes.

Danial Aitouganov, Pays-Bas/Russie. The second Sex, une collection femme haute en couleurs et fantaisie avec des imprimés bariolés ainsi une silhouette à pois démesurés.

daniel_aitouganov_hy17-1

Hermione Flynn, Nouvelle Zélande. Une collection homme architecturée avec des accents de démesure.

Gesine Försterling, Allemagne. Work, une collection aux motifs retravaillés en broderies artisanales. Lauréate du Prix Chloé.

Hyunwoo Kim, République de Corée. Stranger by the Garden, une collection femme, fantaisie des couleurs, superpositions.

Maria Korkeila, Finlande. UnderWraps, une collection homme avec l’humour d’une situation où sont épinglées des silhouettes de femmes façon pin up. Mention spéciale du jury.

maria_korkeila_hy17-7

Mariana Ladreyt, France. Planisphère, collection homme avec volumes surdimensionnés où s’invitent le sport et ses codes. Inspirées d’une toge antique ses formes jouent le drapé en volume.

marianna_ladreyt_hy17-2

Vanessa Schindler, Suisse. Urethane Pool, Chapitre 2, une collection avec la mise au point d’une technique qui fusionne plastique et textiles. L’utilisation de polymère liquide (uréthane) permet de composer des formes quasi biomorphiques donnant un côté méduse (façon « gomme ») et de supprimer la couture. Une recherche qui a permis à la créatrice de devenir la lauréate du jury (Président Bertrand Guyon), Première Vision et également prix du public.

Vanessa_Schindler_©_Jeremie_Leconte_CatwalkPictures_hyeres_2017

Marine Serre, France. « Radical call for love », une collection femme au clair de lune en motif de croissant qui se répète ainsi sur les bras tatoués en trompe-l’oeil, poétique.

marine_serre_hy17-1

Lotte Van Dijk, Pays-Bas. Atelier, une collection femme avec déstructure des textiles, effilochage dans une gamme blanc- bleu.

Fuhong Yang, Chine. Retouche, une collection femme avec effets de bi-matières, ouvertures, jeux de transparences où le corps se dévoile.
Cette année un prix accessoire (président du jury Pierre Hardy) a distingué les étonnantes chaussures de Marina Chedel. À noter aussi les originales lunettes d’Emma Montague et les chapeaux fantaisie de Sofya Samareva. Wendy Andreu a remporté le prix du public pour ses sacs et chapeaux.

hyeres32_chedel

Parmi les dix photographes, le prix du jury présidé par Tim Walker a récompensé l’Irlandais Daragh Soden pour sa série sur la jeunesse dublinoise. Le prix American Vitage a été attribué à Luis Alberto Rodriguez également lauréat du prix public. Le prix de la nature morte est allé à Roos Quakernaat.

Bus Couple, 2014

Un espace permettait aussi de (re)découvrir le travail de participants d’éditions précédentes. The Formers, des créateurs qui continuent leur périple dans la mode avec leurs marques. Liselore Frowijn qui défile à Paris était présente avec sa collection futuriste et colorée. Le Japonais Kenta Matsushige et ses formes de manteaux superbement architecturés. Marit Ilison venue d’Estonie et son travail sur une laine bouillie dans de subtiles couleurs décorée de motifs en volutes. Le Japonais Wataru Tominaga, présent aussi en clôture des défilés, avec sa fantaisie débordante et sa belle énergie haute en couleurs. À découvrir aussi sa collaboration avec Petit bateau.

wataru_tominaga_hy17-9

petitbateau_Wataru_01

Un oeil sur la couture avec l’exposition Schiaparelli et le magnifique travail réalisé pour la maison par Bertand Guyon dans une très jolie installation dans la piscine de la Villa Noailles sur laquelle flottait un drapeau rose shocking.

_LHP2664

Et cerise sur le gâteau, les conférences avec la fédération française de la couture, du prêt-à-porter… Ainsi les rencontres, via l’entremise de Pierre Joos, avec deux grands talents de la mode : Marc Audibet et Joséphus Thimister.

Hyeres 2

 

 

*Avatar d’un titre de Claude François en 1964

 

Photos Jérémie Leconte

Balenciaga, l’oeuvre au noir

20- BALENCIAGA_Bourdelle

 

Parfum de mystère alchimique autour du titre de l’exposition Balenciaga au Musée Bourdelle (Galliera hors les murs).

Si le lieu se prête admirablement au jeu de la confrontation entre mode et art, ce n’est pas une première. Les salles du musée avaient déjà servi magnifiquement d’écrin à l’exposition des modèles de madame Grès.

Né en Espagne, Cristobal Balenciaga apprend le métier de tailleur et ouvre sa première maison en 1917 à San Sebastian. Plusieurs maisons suivront. Mais la politique en Espagne le conduit à quitter son pays en 1936. Installé à Paris, il y ouvre sa maison en 1937. Son style s’affirme, s’impose, architecturé, construit. Il imagine sa ligne Tonneau en 1947.  En 1958, il dessine sa première robe sac. Il crée en 1960 la tenue de mariée de la future reine Fabiola de Belgique. Après une dernière collection présentée en 1968, la maison est fermée et le couturier repart pour l’Espagne.

Veste et jupe. Tailleur

Au musée Bourdelle s’instaure un dialogue entre la géométrie architecturée des vêtements et la puissance des sculptures. Ainsi le Grand guerrier face à une robe ou le Centaure mourant et deux vêtements en suspension.

11- BALENCIAGA_Bourdelle

18- BALENCIAGA_Bourdelle

Ébauches et construction dessinent une approche de l’oeuvre en devenir avec des patronages, des toiles prêtes à être découpées. Les repères signent les lignes de découpes ; juste crayonnées en blanc, les piqûres pour la machine ; les couleurs pour les aplombs. Des dessins, des silhouettes, ébauches d’un style.

27. illustration robe 1967

Coupes strictes des tailleurs, des manteaux, volume des capes, mais aussi importance du chapeau qui ponctue la silhouette, la surplombant avec élégance.

Chapeau

Le choix du noir est chez Balenciaga une évidence. Majestueux, il s’impose avec force. Place à la forme, l’oeil n’est pas distrait par la couleur et se centre sur le style.

En 1938 Harper’s Bazaar notait : « Ici , le noir est si noir qu’il vous frappe comme une gifle, c’est un noir épais, espagnol, presque velouté, c’est une nuit sans étoiles, tout autre noir paraît presque gris ».

Balenciaga s’attache à des tissus qui ont du caractère, les travaillant dans leur complexité, explorant, exploitant leurs particularités. Le choix des tissus induit les formes, les coupes, ainsi le gazar avec des plis, le taffetas chiffonné, le crêpe pour le mouvement… Avec l’architecture des formes, la géométrie, le vêtement va vers l’abstraction, oubliant le corps pour juste l’envelopper, quitte à le masquer.

50 nuances de noir avec formes structurées, noir drapé, dans des jeux d’ombre et de lumière. Quant à la transparence suggérée par les dentelles, elle fait vibrer la non couleur et dessine un lien avec le pays d’origine du couturier.

Robe

En opposition au noir, son pendant, l’autre non couleur aussi s’exprime mais juste en touches. Un éclat de blanc en étole sur les épaules, en tissu drapé sur l’encolure. Une pointe de rose en ponctuation, en ceinture nouée.

Robe

Le noir de Balenciaga se situe entre deux mondes. Entre le noir d’une tradition historique qui va des vêtements d’un modeste clergé à des tenues de deuil en Occident et le noir de la mode contemporaine révélé notamment par la puissance créatrice des designers japonais depuis les années 80 en passant par la case anarchique du punk.

Pour Balenciaga : « Un bon couturier doit être architecte pour les plans, sculpteur pour la forme, peintre pour la couleur, musicien pour l’harmonie et philosophe pour la mesure ».

Un monde majestueux à découvrir au musée Bourdelle.

 

7- BALENCIAGA_Bourdelle

 

Photos in situ Pierre Antoine

The Vulgar

The Vulgar: Fashion Redefined Installation Images
LONDON, ENGLAND – OCTOBER 12: The Vulgar: Fashion Redefined, Barbican Art Gallery, 13 October 2016 – 5 February 2017 on October 12, 2016 in London, United Kingdom. (Photo by Michael Bowles/Getty Images for Barbican Art Gallery)

Exquise exposition sauce anglaise sous le titre The Vulgar (Fashion Redefined) à Londres. Là où l’on pouvait s’attendre à découvrir du mauvais goût, de la vulgarité, l’exposition donnait à voir des vêtements plus beaux les uns que les autres. La définition du mot serait-elle différente chez Shakespeare ? Apparemment non. Le sens, dans les deux langues, est proche de l’actuelle acception qui remonte au 17e siècle. Si vulgar s’approche dans le sens de common, qu’est ce qui peut rendre la perception du vulgaire ? C’est l’oeil qui analyse, décide et qui juge.

« The vulgar exposes the scandal of good taste » dans une exposition qui tente de montrer que nombre de créateurs n’ont eu de cesse de repousser les frontières, les limites de la création pour provoquer. Au fil du temps, la notion de vulgaire a évolué, intégrant ce qui avait pu être vulgaire à une époque et allant jusqu’à lui donner plus tard une nouvelle noblesse ainsi l’éventail. Dans les années 60 Mary Quant avait une jolie définition du mot : « People call things vulgar when they are new to them ». La vulgarité serait-elle parfois liée à cette notion de nouveauté, d’inédit ? La nouveauté intrigue, interpelle, choque parfois. Et puis le temps oeuvre et assimile

Souvent la relation avec le corps définit la vulgarité dans l’excès. Trop de peau, trop de parures, trop de richesses, trop de volumes, trop de couleurs… La vulgarité de l’excès ? Les questions se bousculent.

 

L’exposition se découpe en 11 thèmes.

  1. Translating the vulgar. Le vulgaire dans ses essais pour s’inspirer du passé, pour l’intégrer dans une nouvelle histoire. Se tourner vers d’autres civilisations. L’antiquité de nouvelles déesses fut à maintes reprises réinterprétée. La robe Casanova de Karl Lagerfeld pour Chloé et les drapés antiquisants de madame Grès ou plus contemporains de Sophia Kokosalaki réécrivent l’antiquité dans le temps présent.
The Vulgar: Fashion Redefined Installation Images
LONDON, ENGLAND – OCTOBER 12: The Vulgar: Fashion Redefined, Barbican Art Gallery, 13 October 2016 – 5 February 2017 on October 12, 2016 in London, United Kingdom. (Photo by Michael Bowles/Getty Images for Barbican Art Gallery)

 

La nudité ? L’ambiguïté du paradis perdu où le vêtement devient pêché et où paradoxalement la nudité symbolise la pureté. Recréation en mode avec Walter van Beirendonck et ses trompe-l’oeil de corps humain bodybuildés, poilus ou aussi parfois scarifiés, percés… Vivienne Westwood et ses corsets aux motifs de tableaux de Boucher pour gorges déployées ou sa combinaison baptisée Ève, un collant chair oblitéré d’une pudique feuille cache sexe. Trompe-l’oeil toujours avec Schiaparelli d’hier et d’aujourd’hui. Margiela et son imprimé sequins.

Art et mode avec notamment l’iconique robe Mondrian d’Yves Saint Laurent, oeuvre entre deux mondes.

  1. Showing of. L’exubérance de tenues sophistiquées, imposantes dans un volume complexe, dans la création, le décorum. Des robes magnifiques de Jeanne Lanvin, de Christian Lacroix… Jusqu’à la collection Van Gogh des Viktor et Rolf et leurs extravagantes robes bucoliques sous chapeaux épis de paille.
  2. Puritan. Si la vulgarité réside dans l’excès, elle peut aussi, même sous un voile de pudibonderie, montrer des signes discrets de son existence. Ainsi les robes puritaines du 17e siècle, sombres, modestes, austères, mais qui avec l’ajout d’un col de dentelle invitent la féminité voire la séduction.
  3. Extreme bodies. Le vulgaire est créé, il n’existe pas à l’état naturel que ce soit parmi les végétaux, les animaux… Pas vulgaire au départ, le corps humain ne le devient que par des choix de vêtements, par des assemblages. La vulgarité est aussi souvent associée au sexe, à la notion de trop montrer. En mode, cela peut se traduire par un jeu sur les (dis)proportions. Corps (sur)exposés chez Pam Hogg avec tenues en lanières de cuir et une approche d’une vision fétichiste de la mode. Le costume de bain est provocation chez Rudi Gernreich qui ose lancer dans les années 60 un monokini, soit juste une culotte, des bretelles croisées et les seins à l’air.
    The Vulgar: Fashion Redefined Installation Images
    LONDON, ENGLAND – OCTOBER 12: The Vulgar: Fashion Redefined, Barbican Art Gallery, 13 October 2016 – 5 February 2017>> on October 12, 2016 in London, United Kingdom. (Photo by Michael Bowles/Getty Images for Barbican Art Gallery)

    Jeux de dentelles, provocation de la transparence. Corps amplifiés, exagérés de Walter van Beirendonck avec éléphant crinoline. Faux-cul de Vivienne Westwood dans ses collections de mode inspirées du passé et dans la forme du sac imaginé pour Vuitton.

  4. Too popular. Là le choix de la culture pop entraîne vers le quotidien. Démultiplication de la boîte de soupe Campbell iconisée par Andy Warhol et qui devient robe en non tissé quasi jetable. Jeremy Scott et ses divagations autour de l’univers et des couleurs jaune et rouge de Mac Donald pour Moschino en vêtements et accessoires (sac, étui de téléphone…).
  5. Common. Le plus simple, le plus commun, le plus utilisé, un tissu rebattu comme le denim, père du jean mais qui peut être réinterprété dans une autre dimension avec une création, un style pour échapper à sa banalité et à sa modeste condition. Ainsi des modèles de Miu Miu, Vuitton…
  6. The vulgar tongue. Retour aux sources d’un langage commun, de traditions populaires comme le choix de Christian Lacroix de revivifier son pays d’Arles avec des traditions provençales revisitées et transformées en sublimes créations couture. Un exquis retour aux sources, une plongée dans les us et coutumes.
  7. Impossible ambition. L’aspiration à être quelqu’un d’autre avec l’aide, le support d’un vêtement qui permet de changer de catégorie. Ambition sociale certes, mais aussi rêveries les plus folles pour atteindre un monde imaginaire comme avec Undercover pour qui la mode est particulière, extravagante et originale : « We make noise not clothes ». Galliano pour Dior a multiplié les échappées belles vers d’autres mondes, l’histoire, l’exotisme, Pocahontas… un maître de l’évasion.

    The Vulgar: Fashion Redefined Installation Images
    LONDON, ENGLAND – OCTOBER 12: The Vulgar: Fashion Redefined, Barbican Art Gallery, 13 October 2016 – 5 February 2017 on October 12, 2016 in London, United Kingdom. (Photo by Michael Bowles/Getty Images for Barbican Art Gallery)
  8. Os and spangles. Les corsets du passé dans les tissus les plus précieux. Un accessoire qui reprend vie et s’exhibe comme chez Jean Paul Gaultier. Chez Prada une collection qualifiée de post moderne, collage d’éléments, assemblage hétéroclite et coloré (ce mélange n’est d’ailleurs pas sans faire songer aux créations Jean Charles de Castelbajac bien des années plus tôt). Et des paillettes en veux-tu en voilà.
    The Vulgar: Fashion Redefined Installation Images
    LONDON, ENGLAND – OCTOBER 12: The Vulgar: Fashion Redefined, Barbican Art Gallery, 13 October 2016 – 5 February 2017 on October 12, 2016 in London, United Kingdom. (Photo by Michael Bowles/Getty Images for Barbican Art Gallery)

     

  9. The new baroque. Là où l’excès devient la norme dans des collections extravagantes. Nicolas Ghesquière pour Vuitton associant toile de Jouy et métal. Iris van Herpen et ses sublimes créations futuristes avec matériaux atypiques, plastique, métal…
  10. Ruling in and ruling out. Les codes, l’étiquette, les lois somptuaires. Ce qu’il faut faire ou ne pas faire.

 

Une sélection jubilatoire qui donne à réfléchir sur ce mot, même si les choix peuvent sembler une joyeuse auberge espagnole où le plaisir des yeux à peut-être induit la réflexion. En tout cas cette exposition ne peut qu’inciter à regarder la mode avec davantage d’indulgence pour ceux qui créent, qui osent… L’échelle des valeurs d’une quelconque appréciation n’ayant rien d’universel.

Et une dernière pirouette de Jenny Holzer sur la route de la vulgarité : « Money creates taste ».

The Vulgar: Fashion Redefined Installation Images

 

L’exposition est finie, mais demeure un très intéressant catalogue nourri de textes et suivi d’interviews de Stephen Jones, Walter van Beirendonck, Zandra Rhodes, Manolo Blahnik, Pam Hogg, Christian Lacroix et Hussein Chalayan.

Photo by Michael Bowles/Getty Images for Barbican Art Gallery

Castelbajac : Art & Rock’n’roll

PRET-A-PORTER : JEAN-CHARLES DE CASTELBAJAC PRESENTE SA COLLECTION D'HIVER

 

Plongée dans l’univers d’un créateur qui a multiplié les passerelles avec l’art et la musique de son époque. Acteur majeur de la mode française, Jean-Charles de Castelbajac a créé un univers très signé avec ses dessins, sa fantaisie, ses références à l’art… Sa mode a rencontré des artistes, des héros de dessins animés, de bandes dessinées et les a intégrés dans des vêtements. Son univers ludique se redécouvre au fil des pages d’un ouvrage qui lui rend hommage.

À ses débuts, Jean-Charles de Castelbajac crée déjà aux côtés de sa mère, notamment pour le label KO and Co (rebaptisé en 1968). Déjà s’invitent des thématiques qui deviendront des leitmotivs : l’utilisation de couvertures, de plastiques colorés… Tokio Kumagaï, Kenzo, Chantal Thomass participeront aussi à l’aventure KO& Co.

Surnommé le Courrèges des années 70, Jean-Charles de Castelbajac s’intéresse de près à la fonction du vêtement. Les couvertures sont toujours présentes, confort, survie. Les bandes élastiques (genre Velpeau) se drapent en robes. Le plastique devient doudoune damier pour enfermer des plumes, des cartes postales,… dans une vision d’un vêtement ludique, fantaisiste. Sans oublier l’imper pour deux qui se dézippe et alterne union et séparation.

1986 : Two-person poncho for K-Way “with a zip in the event of divorce”.All rights reserved

Ses dessins, cernés d’un trait noir, privilégient les couleurs primaires et composent une grammaire poétique d’anges, de fantômes qu’il n’hésite pas à crayonner sur les murs. L’écriture s’invite également avec ses robes poèmes, mais aussi dans la fantaisie de robes livres (en motif de couverture). L’enfance n’est jamais loin avec son cortège de héros issus de Walt Disney, mais aussi Babar, le Petit prince… sans oublier des auteurs de dessin comme Guy Peellaert et sa Pravda. Vestes en ours en peluche dont un modèle porté par Vanessa Paradis dans sa version Snoopy ou Estelle Lefébure en teddy. Si Keith Haring lui avait dessiné un carton d’invitation, cette amitié se prolongera avec la fondation et donnera naissance à toute une série de modèles.

Winter 2002-2003 : “Keith Haring” top and balaclava and “Mickey” trousers, “Electrique Saga” collection, Photo © Jean Charles de Castelbajac. All rights reserved

Sur ses robes sont intervenus de grands artistes : Ben, Jean-Charles Blais, Garrouste,… Ses robes pop se sont intéressées à la société de consommation et sa récupération en art ; Shell, Campbell, Lucky Strike,… et lui ont donné aussi l’occasion de la dérision avec des jeux de mots.

Summer 1984 : “Homage to the 20th century”, Dresses painted on gazar, Photo © Jean Charles de Castelbajac. All rights reserved.

Une collection démesurée, oversized façon Gulliver, très originale pour l’époque et qui a aujourd’hui une joyeuse postérité. Une collection suprématiste sous influence Malevitch. Woman Ray reprend de magnifiques imprimés photographiques de Man Ray. Quelques robes historiques : Napoléon, Einstein… Des robes alphabet façon planche d’ophtalmologiste. Robe tagliatelles, couleur pâtes fraîches… Inspiration Légo pour jouer… Jean-Charles de Castelbajac touche à tout avec enthousiasme.

Lego hat, “JC in the Sky with Diamonds” collection, Tush Magazine, Photo © Jean Charles de Castelbajac. All rights reserved

Vraie signature de mode, il passe du vêtement fonctionnel voire de protection à une joyeuse exubérance haute en couleurs.

Dans sa carrière, il y eut aussi des créations pour Iceberg, un épisode Courrèges, la réalisation de costumes pour l’église catholique…

Au final, une oeuvre foisonnante à (re)découvrir absolument.

Cover Jean-Charles de Castelbajac-OK

Éditions YellowKorner.