Paskal

 

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C’est l’hiver pour la fashion week. Paskal ouvre le calendrier officiel avec une collection romantique et un brin pop. La créatrice, architecte de formation, cite en guise d’inspiration un séjour à Tel Aviv où elle a découvert et admiré la construction de la ville. À la rigueur de la géométrie, Julie Paskal ajoute la douceur de courbes, arrondissant les angles. Un zeste d’esprit pop sous forme de fleurs, mais réalisées en 3D avec des matériaux réfléchissants.

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Une collection d’abord dans un blanc poétique et délicat avec des détails, des transparences, des effets dentelle.

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Une transition noir-blanc à petits carreaux et puis oeuvre au noir.

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Des formes à géométrie variable, coupes au laser, un soupçon d’asymétrie et le romantisme de manches ballon. En ponctuation, des détails de couleurs : vert pomme et violine.

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Tenue correcte exigée

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Un parfum de scandale soufflerait-il sur l’exposition Tenue correcte exigée ? Difficile de transcrire cette notion dès que le vêtement est mis en cage dans des salles de musée à éclairage tamisé (pour la protection des étoffes). Du Moyen-Âge à aujourd’hui le vêtement a parfois choqué, mais il a aussi conduit à des évolutions non seulement en style, mais aussi dans le comportement des différentes époques.

L’entrée en matière se fait par un double portrait de Cranach : Adam et Ève. Après avoir vécu nus comme des vers, les premiers humains de La Genèse se vêtirent une fois le pêché consommé. L’habit serait-il, depuis le paradis perdu, synonyme de pêché alors que la nudité incarnerait l’innocence ? Un point de départ intellectuellement intéressant, mais dans un monde où l’habit est la norme, une réalité aux antipodes. Pour Denis Bruna, commissaire de l’exposition, ceci implique que : « Tout vêtement est plus ou moins l’héritier de ce vêtement primitif. Il est imprégné de la faute de nos ancêtres et, pour cette raison, se doit d’être le plus sobre et le plus discret possible. ». L’exposition se développe en trois axes : le vêtement et la règle, fille ou garçon et la provocation des excès.

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Le vêtement « signe »

Si longtemps le vêtement qui en « montrait » trop fut objet de scandale, à l’inverse le vêtement qui cache peut aussi choquer dans un contexte religieux (p.e. le burkini), mais l’exposition a choisi de ne pas traiter cet aspect sans doute trop polémique.

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Entre caché et montré, la capuche est un exemple qui traverse le temps dans un intrigant clair-obscur. Apanage de tenues religieuses, elle fut portée par les Franciscains ; couvrant la tête et terminée d’un bec à l’arrière, elle a donné son nom aux Capucins. Dans le civil, elle est interdite en 1399 par une ordonnance de Charles VI quant à ces « faux visages ». L’idée de cacher, de masquer, toujours perturbe, intrigue, mais aussi attire, fascine. La capuche fut à la mode notamment au XVIIIe siècle pour sa face obscure qui dévoile en partie le visage. Aujourd’hui la capuche peut être attachée à une veste, à un manteau, mais en complément du sweat-shirt, elle peut être porte-parole d’un style, celui du hip hop notamment. Aujourd’hui ce hoodie, sweat à capuche avec souvent une poche kangourou, est aussi associé de façon négative et discriminatoire à un comportement supposé délinquant. Un élément du vêtement qui, au fil des siècles, est passé du religieux au sportswear en passant par la séduction en jouant sur le fil du « masque ».

 

Évolution

Pour le XXe siècle, la grande révolution au féminin passe par le port du pantalon (demeuré interdit légalement jusqu’en 2013) et qui nécessitait une demande d’autorisation en préfecture (à moins de se promener en compagnie d’un cheval ou d’une bicyclette). Déjà au XIXe siècle, Amelia Bloomer (à l’origine du nom de bloomers) portait une culotte bouffante et ce vêtement a été associé à l’émancipation des femmes.

Au XXe siècle, la garçonne des années vingt libère la femme de quelques carcans, s’affichant avec vêtements souples et cheveux courts. Chanel et Jean Patou contribuent à cette évolution de la mode.

Avec les congés payés en 1936, les vacances se passent souvent à la plage où le costume de bain, petit à petit, va se rapprocher du mouchoir de poche. Scandale des premiers bikinis proposés en 1946 avec le choc du nombril à l’air ! Interdit sur les plages d’abord, il s’est popularisé dans les années 50 avec notamment l’image de Brigitte Bardot. Un peu plus tard c’est le monokini qui lève le voile sur la poitrine avec son maillot culotte à bretelles proposé notamment par le créateur Rudi Gernreich dans les années 60.

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Ces années-là, les jupes vont raccourcir. En France c’est Courrèges qui imagine la mode du futur et crée des combinaisons et des jupes de plus en plus mini. À Londres, c’est la rue qui va adopter la mini jupe et son porte étendard sera Mary Quant. La longueur des jupes sera désormais variable passant du micro au maxi avec un net allongement dans les années 70 avec les hippies bohêmes.

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L’un est l’autre

Masculin féminin. Si aujourd’hui le port du pantalon par les femmes est un acquis, il est relativement récent. Dans les années 60 Yves Saint Laurent fit encore scandale en créant des smokings au féminin.

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Jacques Estérel imagine lui des robes unisexes, un même modèle porté par les deux genres, les baptisant sumériennes en souvenir de la période antique.

Et si l’homme aussi en Occident se risquait au port de la jupe ? Le kilt est l’apanage de l’Écosse, mais les autres Européens ne portent que le pantalon. Différentes tentatives de Jean Paul Gaultier assumant le kilt et s’amusant du concept d’homme objet ou aussi de créateurs japonais ont tenté de mettre les hommes en jupe, mais ils doivent, paradoxalement, être particulièrement culottés pour oser porter la jupe.

 

Quelques scandales de mode

Au cinéma en 1972 la robe noire de Mireille Darc dessinée par Guy Laroche offrait un décolleté plongeant démesurément dans le dos, vertige de la séduction.

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Jack Lang à l’Assemblée nationale fit scandale avec un costume Mugler à col dit Mao, le portant évidemment sans cravate.

Les années 80 sont marquées par l’arrivée des Japonais qui ont bousculé les codes de la mode intronisant le noir majeur, déstructurant les formes, jouant l‘asymétrie, le non fini, les trous… Une esthétique qualifiée de grunge, de look post Hiroshima, les appellations ont fleuri comme des champignons. Mais, après le choc, la rupture, ces codes de mode ont été largement adoptés.

Dessous dessus. Inspiré par les mystérieux corsets de la garde-robe de sa grand–mère, Jean Paul Gaultier met les dessous dessus et compose des bustiers aux seins coniques, exacerbés, un vêtement notamment porté par Madonna dans ses concerts.

Alexander mac Queen dans sa collection Highand Rape de 1995 fusionnait un souvenir de l’histoire anglaise dramatique et un épisode familial douloureux. Une collection destroy avec ses fameux pantalons taille très basse, bumpers et des vêtements déchirés, lacérés,…

Avec Body meets dress en 1997, collection de Comme des garçons avec des « bosses », le corps est abstractisé, englouti sous des formes difformes. La féminité niée, une étonnante collection, magnifique.

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Le défilé « clochard » de John Galliano pour Dior en 2002 fit couler beaucoup d’encre, mais auprès de personnes n’aimant pas la mode. L’influence des costumes de tramp anglais, vagabonds de Dickens, se retrouve dans ces assemblages baroques et hétéroclites d’éléments, journaux, cordes, gamelles, tissus déchirés, mais la référence explicite à une catégorie de personnes dans le besoin ne passa pas, même si John Galliano voulait rendre hommage à l’ingéniosité des déshérités.

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Si Rick Owens propose souvent des collections de façon atypique avec des mannequins par forcément dans les codes classiques, ainsi des danseurs… Une de ses dernières collections pour hommes, Sphinx, fit beaucoup parler d’elle, pas en raison des vêtements, mais parce que modèles étaient portés par des mannequins, jambes et sexe à l’air…

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Les excès varient selon les époques, trop large, trop long, trop court, trop épaulé, trop coloré, trop nu, trop moulant…

Scandales petits ou grand viennent animer la planète mode… mais une fois le scandale consommé, le vêtement rentre souvent dans le rang, il est parfois oublié (monokini) ou progressivement accepté, créant une nouvelle norme. En principe pour soi le vêtement est reçu par les autres et s’il est hors norme, il peut choquer, heurter, surtout les tenants de préceptes bien désuets. L’exposition donne à voir de nombreux exemples qui ont émaillé l‘histoire d’une mode aux relents de provocations, mais une fois mis en cages, le scandale a perdu son sel.

 

Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale.

Au Musée des Arts décoratifs jusqu’au 23 avril

 

 

Crédits

– La question est posée : portera-t-on la jupe-pantalon en 1911 ? Carte postale – collection particulière

-Atelier de Lucas Cranach l’ancien. Adam et Eve. 1ère moitié du XIVe siècle – Paris, Musée des Arts décoratifs

-William Richardson, 1778 – The British Museum, Londres

– Un homme retraité fixe des jeunes femmes en mini jupes, Nice le 13 juillet 1969. AFP /Getty Images. Staaf

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-Yves Saint Laurent smoking haute couture automne/hiver 1966 – Mannequin Ulla – photo Gérard Pataa – Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent.

– « Le grand blond avec une chaussure noire » 1972, Mireille Darc portant une robe signée Guy Laroche appartenant au musée des Arts décoratifs, Paris

-Rei Kawakubo pour Comme des Garçons – Prêt-à-porter printemps/été 1997 collection « Body Meets Dress/Dress Meets body » photo Guy Marineau

-Christian Dior, 1997 photo Guy Marineau

-Rick Owens Photo Guy Marineau

 

 

 

 

 

Emmanuelle Khanh

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Pionnière du prêt-à-porter, Emmanuelle Khanh a participé à de nombreuses aventures de mode avant de véritablement lancer sa marque. Elle a créé pour Dorothée Bis, Cacharel, Pierre d’Alby, mais aussi Missoni. Elle a compris que la page de la haute couture était tournée et que la mode devait être en phase avec la rue. Elle lance sa marque personnelle en 1972. Elle imagine une femme active, tailleurs à jupe basse, jupes culottes, chemisiers à cols « hirondelles »… Novatrice, elle oeuvre dans différents secteurs dont le ski. Côté accessoires, son imagination vagabonde avec des parapluies transparents. Mais ce sont ses lunettes, grandes, voire démesurées qui deviendront sa signature et une licence qui existe encore aujourd’hui. Une grande dame de cette génération qui a fait avancer la mode et qui fut surnommée la Mary Quant française.

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Parfums d’amour

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« l’odorat n’est pas pour peu de chose dans les ébats de Vénus » Giacomo Casanova

 

 

Philtres de séduction, les parfums dessinent une carte du tendre où s’effeuillent les sentiments : un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… Éternel retour de floraux joyeux sur notes de fond sensuelles lovés dans des coeurs battant la chamade.

 

Pomme d’amour

Dans le jardin d‘Éden, un homme et une femme, chabada-bada. Ondule un serpent séducteur et s’offre, fruit de la tentation, une pomme… gravitationnelle. Flacon, la pomme traverse le XXe siècle. Paul Poiret, avec les Parfums de Rosine, l’imagine Fruit défendu (1914). Chez Ricci une Fille d’Ève (1952) puis pomme d’amour toujours avec Nina, pétillante et gaie suivie d’une petite soeur Luna.

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Chez Dior, la pomme incarne Poison, magnifique et sulfureux. Philtre d’amour intrigant dans la version originelle entre sombre améthyste et précieuse malachite. Animal étole, le serpent s’enroule au cou de nouvelles Ève sur la route du mâle. Parfum de vénéneuse tubéreuse, Poison s’incarne rouge amour, violent avec Hypnotic. Sensuel en diable avec amande amère, santal lacté, ambre, il s’épice de carvi, badiane… Tendre Poison refleurit vert. Midnight accompagne Cendrillon au bout du bleu nuit. Et aujourd’hui Poison Girl joue la jeunesse.

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Coeur

Siège supposé des émois, des émotions, le coeur symbolise l‘amour surtout quand il est traversé par les flèches de Cupidon. En flacon s’ajoute aux sentiments l’ivresse. Coeur inversé, bouchon évidé ; L’heure bleue se love dans l’iconique flacon Guerlain. Coeur joie de Nina Ricci se redécoupe, flacon Lalique. Kingdom d’Alexander Mc Queen, gothique rouge et métal vif argent, pour coeur abstrait. Happy Spirit de Chopard pour coeur balance. Ralph Lauren imagine Love (2008) en version luxueuse, or peint et bouchon améthyste. Avec un jeu de mot, Loverdose de Diesel ajoute la transgression dans un coeur à facettes, taillé comme une pierre précieuse et traversé d’une dague noire.

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Histoire et légendes

Repentante, Marie-Madeleine se reconnaît à son vase à parfum (nard). « Pécheresse aux sept démons », elle est pardonnée « parce qu’elle a beaucoup aimé ». Parfumée, Judith séduisit Holopherne qui en perdit la tête. En Egypte, Cléopâtre aurait fait imprégner les voiles de son bateau pour reconquérir Marc–Antoine. Prétexte à la guerre de Troie, la belle Hélène se parfumait-elle au calament (menthe) ? Un parfum Helen of Troy (Sigma V) orchestre, en flacon, une égrillarde partie de jambes en l’air. Avec Belle Hélène (MDCI) Bertrand Duchaufour compose une gourmandise proche du dessert d’Escoffier. Dans L’Odyssée, Circé tente de retenir Ulysse avec des philtres aromatiques. Au Japon Le Dit du Genji conte les amours des courtisanes aux kimonos parfumés. En Occident s’imprègnent les mouchoirs de Vénus. À jamais liés, Tristan et Yseult se retrouvent en flacons jumeaux imbriqués : Philtre d’amour de Cardin. Le mot philtre glisse ainsi vers le parfum.

 

Carte du tendre

Glissements progressifs du désir, en attendant le plaisir. Sans brûler les étapes, le parfum accompagne la séduction. En 1908 Pinaud esquisse un Flirt. Patou en 1925 imagine trois moments clefs associés à différents types de femmes : la blonde, la brune et la rousse. Amour Amour serait le début, le coeur bat. Que sais-je ? pose une dernière hésitation. Enfin Adieu sagesse saute le pas, sans regrets. De nombreux Guerlain sont odes à l’amour ; en 1969 (année érotique ?) bat la Chamade, du nom du roman de Françoise Sagan. Du roulement rapide du tambour mandant la trêve au battement de coeur pour amoureux transi, le mot s’impose. Avec Kenzo Amour, le flacon de Karim Rachid, bel oiseau entre biomorphisme et Brancusi, est prêt pour l’envol, en fuchsia, rose amour ; puis en transparence devient Jeu d’amour.

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Trésor in love, variation de Lancôme, avait choisi une accroche jolie : « Quand tout commence ».

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By Kilian joue les prémices : Prelude to love. Cartier franchit le pas avec Déclaration (1998). Molyneux ajoute ce que tout le mode dit : I love you (1998). Guy Laroche allait plus loin avec J’ai osé (1978). Lalique pose un Baiser (1999), un Tendre Kiss (2003). Tout tourne autour d’une Romance (Ralph Lauren, 1998), d’une Idylle (Guerlain, 2009). Quant au délicieux Guet-apens, il est Attrape coeur (Guerlain, 1999 et 2005). L’amour est aussi Tentations (Paloma Picasso, 1996), Attraction (Lancôme, 2003), Désir (Rochas, 2007) ou Desire (Dunhill, 2001). Plus puissant : Passion (Goutal, 1983 et Liz Taylor, 1988). Pour finir Dans tes bras (Frédéric Malle, 2008) par Maurice Roucel. Pour finir en Nuit d’amour (Guerlain, 2006).

 

Fatale attraction

Le parfum ajoute un artifice à l’humain dont le comportement diffère de l’animal. Désodorisé, l’homme n’est plus vraiment amateur d’odeurs corporelles, délaissées au fil de la civilisation, déjà avec le passage à la station debout. Si deux charmants papillons (bombyx) peuvent s’attirer irrésistiblement à plusieurs kilomètres, il n’en est pas de même chez l’humain où l’organe voméronasal s’est atrophié. Analysant les molécules capables (coupables ?) d’attraction, la parfumerie s’est lancée dans la reproduction des phéromones, déjà aux USA dans les années 80 (Jovan). En 1994 Pheromone Factor utilisait l’androstenol (odeur de sueur un peu bois de santal) pour attirer les femmes et une sécrétion mammaire pour les hommes ! Kanebo imagina Sexangle. Fut aussi lancé un inénarrable Zulu avec des sécrétions naturelles de cochon chinois ! Aujourd’hui Escentric Molecule évoque l’attraction ; sans phéromones (les véritables sont très chères), mais avec de l’Iso E Super à haute dose. Intéressante, la recherche a ainsi ouvert la voie à d’inévitables dérives marketing… Mais peut-être vaut-il mieux échapper à l’attraction des Grenouille sous peine d’orgies perpétuelles.

 

Mariage

Après le marivaudage, conclusion classique et évidente (il suffit d’enlever quelques lettres), le mariage. Anagramme heureux, Amarige (Givenchy, 1991) est une belle et opulente composition autour d’un bouquet floral. Dominique Ropion a composé autour de l’idée d’un parfum solaire rayonnant ; il précise : « le parfum, c’est l’essence même de la séduction ».

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Avec Lanvin se célèbre Marry me. Une proposition ? Une suggestion ? La réponse est sans doute oui pour la vie. À défaut de corde au cou, un noeud sur le col du flacon et un joyeux parfum d’Antoine Maisondieu. Fragonard part en Lune de miel (2005). Gravée d’un Eternity, la bague du duc de Windsor pour Wallis fut rachetée par Calvin Klein qui l’offrit à son épouse et le nom devint parfum (1993), ode à un rêve d’amour sans fin.

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Amour éternel

Les histoires d’amour ne finissent pas toujours mal en général quand elles s’inscrivent dans une forme d’éternité. En Inde, Shah Jahan fit construire pour son épouse, la princesse Mumtaz Mahal les jardins de Shalimar et, à sa mort, le Taj Mahal, fleuron de l’architecture indienne. En hommage, Guerlain compose Shalimar en 1921 un oriental étourdissant avec la guerlinade opulente et sensuelle qui signe nombre de créations maison.

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Kenzo avait écrit avec Kashaya, l’« amour éternel » en sanskrit. Dans Le nom, le nez, Italo Calvino se penche sur l’odorat via le sillage. « Ce que je cherche, c’est la femme : une femme dont je ne connais que le parfum ! » Passionnante, la quête est menée en trois lieux : le Paris de la belle époque, la préhistoire (le passage à la station verticale !) et un lieu mal famé à Londres. L’histoire se termine funeste, mais avec un parfum d’éternité.

 

Des mots d’amour

Ça s’en va et ça revient, c’est fait de tout petits riens ; les mots d’amour deviennent parfums. N’aimez que moi, Bel amour (Caron, 1916, 1917). Annick Goutal compose Grand amour (1997), Quel amour (2002). Orné d’un cœur, In love again (Yves Saint Laurent, 1998) est signé Jean-Claude Ellena.

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Avec Amor Amor, Cacharel mise double, renoue avec le A et le succès. Love Chloé, un bel amour poudré. Amour humour avec I love love de Moschino. De l’amour en veux-tu en voilà, des Love par dizaines sont lancés. Vivace, l’âme des hippies clame : « Faites l’amour, pas la guerre » ; le parfum l’a compris. Tu veux ou tu veux pas ? Valse hésitation avec Maybe Baby (Benefit, 2003), Oui Non (Kookai, 1993) ou Now or never, éphémère Lancôme (2008). Une nouvelle carte du tendre s’écrit. Puissamment parfumée chez Montherlant, une lettre de Les Jeunes Filles passe la nuit dehors. Billet doux (Fragonard, 2006) ou encore Parlez-moi d’amour (Galliano, 2010) en forme de lettre. Missives de soldats, N’aimez que moi fut offert lors de la première guerre mondiale et Je reviens (Worth, 1932) par les Américains embarquant pour l’Europe.

 

Sensualité

Si le parfum figure dans les arts du Kâmasûtra, il est souvent sage dans les flacons. Avec My Sin (1925) Lanvin évoque le péché. Opium (Yves Saint Laurent 1977) est fatalement rêvé « pour celle qui s’adonne ». Sur fond de liberté sexuelle, Calvin Klein ose Obsession avec une campagne un poil sulfureuse : Kate Moss nue, nouvelle Ève sans serpent. Explosion torride de Diane de Furstenberg avec Volcan d’amour (1981) d’après un poème de Paulo Fernandes. Avec Spark (2003), Liz Claiborne fait des étincelles. Chantal Thomass susurre : Et plus si affinités (2005). Frédéric Malle rend hommage à la réputation du French Lover (de Pierre Bourdon).

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Et les amours sulfureuses ? Clandestine (Guy Laroche, 1986), Libertine (Westwood, 2000), Liaisons dangereuses (By Kilian, 2007), Forbidden Affair (Anna Sui, 2010)… Autant de transgressions dans les jeux de l’amour. Après leur générique sur fond d’Adam et Ève de Cranach, les Desperate Housewives croquent la pomme avec Forbidden Fruit (Coty). Enfin Sécrétions magnifiques (État libre d’orange par Antoine Lie) revendique sueur, sperme et salive, tout un programme olfactif ! Dans les Proverbes s’exprimait la femme adultère : « J’ai parfumé ma couche de myrrhe et d’aloès et de cinnamome. Viens, enivrons-nous d’amour jusqu’au matin ». Autrefois les parfums « artificiels » semblaient dévolus à la courtisane, signature de la femme « boîte à épices » ?

Avec la socialisation de l’homme, les odeurs corporelles et sexuelles ont perdu en faveur. Et, si le parfum a d’abord servi de « masque » pour oblitérer les odeurs déplaisantes, il est aujourd’hui devenu un magnifique artifice aux jeux de l’amour et peut-être… du hasard.

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Hyun Mi Nielsen

 

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Sur un lit défait demeure immobile une jeune fille mélancolique. Défilé hiératique dans un décor d’appartement pour la présentation de la collection d’Hyun Mi Nielsen. Mannequins austères mais maquillage outré, ombres sur les joues, les oreilles ou encore bouche débordante à la Mystery Train.

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D’origine coréenne Christine Hyun Mi Nielsen a été élevée au Danemark où elle a étudié le design et a poursuivi ses études à Londres. Elle a développé un goût pour l’artisanat et imagine une slow fashion alternative à la production de masse.

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Cuir travaillé, découpé, dentelle, organza, tulle. Ajout de soutaches, rubans rétro, broderies… Un froid nordique réchauffé de féminité. Le communiqué de presse cite des inspirations cinématographiques : Nymphomaniac de Lars Von Trier et Lost Highway de David Lynch.

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On aura tout vu

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Otohime, plongée dans le Japon des pêcheuses de perles mâtiné de l’Angleterre des Pearly Kings & Queens et de leurs habits couverts de nacre. Le tout dans un décor où s’ouvre un coquillage (gonflable !) écho à une Vénus anadyomène où Aphrodite est (trans)figurée en homme. Le duo On aura tout vu aime les histoires et les réinterprète avec fantaisie et humour.

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Complexe travail de broderies, de perles pour marqueterie couture. Tailles et épaules marquées. Volumes exacerbés ; du mini sexy, du long pour soir élégant. Du noir, du blanc, une collection graphique. Sans oublier des détails comme ces mâchoires strassées, projetant les silhouettes dans un autre monde. Final en duo, binôme où l’un est l’autre.

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Xuan

 

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Invitée de la Haute Couture, Xuan, la jeune Hollando-Vietnamienne, propose une immersion dans des expériences sensorielles. À l’institut néerlandais, le parcours se scande en trois temps. 1° Implosion. Un travail précis sur les coupes et des modèles enfermés dans des coffrages transparents sertis de fleurs. Légèreté et transparence. De quoi sortir Blanche-Neige de son sommeil.

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2° Goutte. Dans cet espace, les mannequins sont dans un environnement liquide où l’eau s’écoule poétiquement en rideau devant leurs silhouettes immobiles.

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3° Reflet. Couleurs transparentes, formes asymétriques, volants, plissés, superpositions… Chapeaux démesurés et larges ceintures pour signer la silhouette. Jeux de lumières, clair obscur et effets arc-en-ciel. Fantaisie et poésie.

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