Viktor & Rolf

VIKTOR & ROLF HAUTE COUTURE SS17

 

Intitulée « Boulevard of Broken Dreams », la dernière collection du duo hollandais a choisi la récupération, la réutilisation de vêtements du passé ou en partie abîmés, pour être recomposés différemment. Une traduction en mode de ce que les Japonais réalisent en céramique avec la technique du kintsugi. Avec le kintsugi, l’accent est mis sur l’accident. Réparée, accentuée avec une coulure d’or, la fêlure est magnifiée. Dans le droit-fil d’une notion où la perfection surgit de l’imperfection.

VIKTOR & ROLF HAUTE COUTURE SS17

VIKTOR & ROLF HAUTE COUTURE SS17

Une collection aux vêtements chargés de cicatrices, portant l’empreinte du temps et la mémoire du passé. Incrustations de pièces de tissus cernées d’un bord brodé pour mieux les dessiner. Une palette variée, passant de couleurs vives à des tons sourds et délicats. Effets de patchworks avec un côté de collages cubistes. Tulle en majesté et final froufrous à jupons volumineux pour grand soir en robes de bal. Des « rêves brisés », du punk à la couture.

VIKTOR & ROLF HAUTE COUTURE SS17

Jean Paul Gaultier

jpg-33Ambiance de printemps, blé en herbe pour le défilé couture de Jean Paul Gaultier. Dans un décor illuminé d’épis gorgés de soleil, la citadine se mue en belles des champs. Cheveux en tresses, brindille à croquer et foulard en fichu ou chapeau de paille. Les grands classiques du couturier revisitent le masculin-féminin, combinaison, élégance du smoking,… et féminité assumée du corset sens dessous dessus… Denim ouvragé, guipure, cuir ajouré. Jeux de trompe-l’oeil. Le pantalon marin part à l’abordage tandis que la rayure bicolore se strie en marinière. Motifs de marguerites, tournesols,… pour nature en pétales et femmes fleurs. Bijoux coquelicot.

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La météo est optimiste dans les noms des modèles (une pratique couture que Jean Paul Gaultier a toujours maintenu avec humour et poésie) : Elle prend les deux vents, Le temps de demain, Passage à l’heure d’été, Le chevalier d’Éole,…
Pour prendre la clef des champs, des foulards à moisson.
123 Soleil.

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Chanel

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Mythique, la rue Cambon, célèbre pour son escalier, et ses miroirs, s’est invitée grand format dans la nef du Grand Palais. L’esprit du lieu de la maison a soufflé sur une collection évidemment très Chanel. Un cylindre à facettes, kaléidoscope en miroirs, est arpenté par les mannequins dont les silhouettes se démultiplient, se répondent à l’infini. Silhouette au cheveu aplati et souvent chapeau basculé en arrière, la femme Chanel s’avance en tailleur. Pour le jour, tweed majeur, mais avec une silhouette qui joue aussi la jupe boule et ouvre la veste sur les côtés. Parfois le décolleté ose la profondeur…

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Tenues de soirée avec satin, organza et broderies précieuses. Exubérant, le travail de plumasserie met en valeur le savoir-faire de la maison Lemarié (aujourd’hui dans le giron Chanel Paraffection). Pour le final, robe de princesse (mariée) rose à volants pour la nouvelle muse maison, Lily-Rose Depp.

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Yuima Nakazato

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Invité du calendrier de la haute couture, le jeune Japonais passé par l’académie d’Anvers explore les possibilités technologiques et imagine une mode pour le « futur ». Cette saison, il s’inspire des quatre éléments : feu, eau, terre et vent (plus poétique que air ?). Le créateur compose des vêtements uniques, fruit de combinaisons diverses : « to each individual, his own design ». Si le vêtement ne nécessite plus l’étape « couture », la formule se simplifie. Dans cette collection, pas de fil, pas d’aiguille, mais un assemblage d’« unités ».

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Une planche de symboles illustre chaque élément ; les motifs sont ensuite combinés, deux, trois ou quatre ainsi une robe feu, vent, eau et terre. Des matières plastiques, mais aussi d’autres, nobles et précieuses, comme l’organdi et des applications de cuivre. Dans sa présentation poétique, les silhouettes surgissent des ténèbres pour juste s’exposer un instant sous le feu des lumières. Maquillage à excroissances pour aliens d’un nouveau monde. Une des voies (et voix) du futur dans la haute couture.

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Georges Hobeika

Georges Hobeika, Couture, Spring Summer 2017 Fashion Show in Paris

 

Si Georges Hobeika défile à Paris depuis 2001, il est cette saison membre invité de la haute couture. Fondée en 1995 à Beyrouth, sa maison est reconnue notamment pour son travail de broderie et ses robes de mariées.

Georges Hobeika, Couture, Spring Summer 2017 Fashion Show in Paris

Georges Hobeika, Couture, Spring Summer 2017 Fashion Show in Paris

Cap sur l’Asie avec une collection tout en légèreté où se découvrent des motifs de dragon, éventail, fleurs… Chine éternelle et Japon des hanami. Des broderies florales en pétales colorés et motifs graphiques d’arabesques. À noter les bijoux d’oreille.

Georges Hobeika, Couture, Spring Summer 2017 Fashion Show in Paris

Iris van Herpen

IRIS VAN HERPEN HAUTE COUTURE SPRING SUMMER 2017

 

Membre invité de la haute couture, la jeune Hollandaise Iris van Herpen continue l’exploration d’un futur avec des tenues complexes dans des matières novatrices. Visionnaire, « Between the lines » dessine entre les lignes. Se tracent des traits, des ondulations qui découpent les formes, les ouvrent, les entrouvrent. Traversé de traits de lumière, le décor amplifie la géométrie et s’invite une troisième dimension. Le corps est oblitéré par une forme en superposition qui se pose en carapace. Jeux de perception, de distorsion de la lumière. Réduite, la palette se tisse de noir, de blanc et d’effets de transparence. Tissus techniques, travail 3D, coupes au laser, mais aussi intervention de la main. Manus X Machina, comme la magnifique exposition du MET où figuraient les créations d’Iris van Herpen.

IRIS VAN HERPEN HAUTE COUTURE SPRING SUMMER 2017

IRIS VAN HERPEN HAUTE COUTURE SPRING SUMMER 2017

Naturalité, minéralité,… Formes complexes, strates, lamelles, volutes, découpes, effets de transparence. Robe translucide, givre en suspension, écailles de verre. Soie et plastique. Artisanat et technologie. Une vraie audace créative.

 

IRIS VAN HERPEN HAUTE COUTURE SPRING SUMMER 2017

Schiaparelli

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Désormais avec l’appellation officielle de Haute Couture, la maison Schiaparelli a présenté sa dernière collection dans ses salons historiques du 21 place Vendôme.

Avec talent Bertrand Guyon revisite les codes maison en posant des motifs de cadenas, de serrure, de homard, de coeur, de soleil,… sur les tenues. Des réminiscences surréalistes, mais avec des accents quasi pop et une palette de couleurs vives où le rose shocking souvent s’invite. Deux visages en trompe-l’oeil évoquent un dessin de Cocteau utilisé par Schiaparelli en 1937. Des tissus à rayures, à pois et tournoient les amples jupes millefiori. Superbe veste « psychédélique » brodée de paillettes aux allures de peinture abstraite.

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Cette saison, le couturier a choisi de faire vagabonder son inspiration vers l’Orient avec japonaiseries et chinoiseries joliment transposées en mode. Esprit des formes de vêtements prisés par Elsa, le kimono japonais ou le hanfu chinois se redessinent avec une nouvelle légèreté et une élégance couture. Motifs végétaux où fleurissent lotus et nénuphars ; thèmes animaliers peuplés de carpes ou de dragons. Richesse des tissus, exubérance des motifs. Transposition d’armure en carapace légère aux « écailles de jacquard ». Motif de « cloisonné ». Exotiques, les noms voyagent : Joueuse de go, La clef du temple, Le paravent de laque, Nymphéas et lotus… Un ravissant vagabondage.

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