Kimono, au bonheur des dames

 

 

EDO-021AVêtement japonais, le kimono (« chose à porter ») existe dans l’archipel depuis des siècles. Une exposition au musée Guimet le célèbre, notamment au travers de la collection Matsuzakaya.

Fondée en 1611, la maison Matsuzakaya a joué un rôle éminent dans la production et aussi l’essor du kimono au Japon. Les pièces les plus emblématiques ont été soigneusement conservées et une partie est aujourd’hui donnée à voir à Paris (certains kimonos aux couleurs fragiles ne sont montrés que l’espace de quelques jours).

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À l’origine appelé kosode, ce vêtement était une pièce de dessous avant de s’exprimer à l’extérieur jusqu’à devenir de plus en plus précieux, de plus en plus riche (broderies, motifs, fils d’or….). L’ample forme en T du kimono suggère un espace entre le corps et son enveloppe. Cette conception distingue profondément le kimono du vêtement occidental plus enclin à épouser et à souligner les courbes du corps. De nombreux motifs égrènent les saisons, célèbrent la nature, la flore, la faune, les paysages…

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Détails réalistes, mais aussi motifs stylisés ainsi l’eau, tout en sinuosités.

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Techniques de broderies mais aussi shibori…

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Le kimono est porté aussi lors de cérémonies avec des symboles, des couleurs précises comme pour le mariage ou les fêtes qui rythment les différents âges de l’enfance. L’obi est l’accessoire complémentaire, une longue pièce rectangulaire de tissu qui se noue savamment (différents types de noeuds) et vient ceindre le kimono avec élégance.

L’exposition donne à voir des dessins qui représentent les magasins de kimono avec les pièces de tissus précieux (les kimonos sont souvent très chers). Autour de la sélection des pièces de la collection Matsuzakaya, des paravents, porte-kimonos, livres, estampes, accessoires de coiffure complètent la parure et l’histoire de son environnement raffiné.

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En Occident à la fin du XIXè siècle s’est invité le Japon. Avec le magasin de Samuel Bing (« L’art japonais ») et l’intérêt des frères Goncourt pour cette culture, toute une vague de japonisme déferle en Europe. Le kimono est parfois adopté en tenue d’intérieur. À plusieurs reprises la mode occidentale s’empare de son esprit et de sa forme avec Paul Poiret, grand amateur d’exotisme, mais aussi Madeleine Vionnet.

Une dernière partie de l’exposition donne à voir les réinterprétations contemporaines avec les créateurs japonais qui s’en inspirent et sont partis à la redécouverte de leur patrimoine comme Kenzo, Yohji Yamamoto.

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Junko Koshino a créé des kimonos d’exception dans une vision contemporaine et très luxueuse de ce vêtement traditionnel. Haori matsu en organdi de soie et motifs de branches de pin avec tissu imprimé de feuilles d’or et le choix de porter l’obi devant. Oiran en hommage au nom d’une célèbre pièce de kabuki, pour femme galante avec obi noué devant. Suminagashi avec la technique des encres flottantes dessinant d’exquises marbrures.

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Les contemporains occidentaux se sont aussi inspirés du kimono et de cette forme particulière en T avec manches flottantes et parfois très longues. Extraordinaires réinterprétations de John Galliano pour Dior, mais aussi des créations inspirées, robes de Jean Paul Gaultier, Yves Saint Laurent, Frank Sorbier…

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Un vêtement intemporel pour une délicieuse plongée dans un passé extrême oriental autour d’un mot à tout jamais lié au Japon.

 

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