Guy Laroche

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Signée Richard René, la collection guy Laroche a choisi de s’inspirer de l’art brut que collectionnait le couturier. Création de marginaux, l’art brut doit son nom à Dubuffet qui a rassemblé un grand nombre d’oeuvres émanant de prisonniers, d’aliénés…

Pour transposer cet art spontané, voire primitif, Richard René est parti d’une page vierge de format A4, un rectangle pour point de départ et s’invitent : «  ébauche, inachevé, trace, coup de pinceau, ligne de contour, papier froissé… ». Des mots pour des éléments, écho en matières : cachemire, zibeline, jersey, carton, néoprène, mousseline…

Guy Laroche - FW2018-19 - Look 10

Au final une collection très binaire, en noir et blanc et quand les deux s’associent, le zèbre hennit. Une touche de couleur avec l’or qui s’invite et se pose graphique ou en coulure sur le col d’une robe. Manque le grain de folie qu’aurait pu induire l’art brut.

Guy Laroche - FW2018-19 - Look 28

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Dries Van Noten

 

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Superbe collection de Dries van Noten où tout n’est que raffinement. Mélange baroque d‘imprimés qui s’interpellent, s’opposent, s’entrechoquent pour mieux se marier. Des motifs géométriques démultipliés, des inspiration issues de la nature, fleurs graphiques réinterprétées. Une collection délicieusement « arty ».

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Des volumes amples pour les manteaux, parkas, coupe-vent. En éclat des touches de plumes apposées comme des écharpes en oblique, diagonales de fantaisie.

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Une gamme de couleurs magnifiques, éclatantes ou en demi-tons. L’oeil vagabonde, s’attarde sur une collection fleuve qui aurait pu encore et encore continuer.

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Aalto

 

Aalto by Tuomas Merikoski
RTW Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion Week

 

Love Records pour Aalto qui choisit une inspiration sans doute difficile à traduire en mode : l’amour. Aux sources de la culture finnoise s’affirme une « coexistence entre l’étrange et le normal » qui se prolonge. Le label Love Records, créé dans les années 60, proposait une musique alternative aux notes psychédéliques et au logo coeur ambigu.

Aalto by Tuomas Merikoski
RTW Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion Week

Les contrastes sont au coeur de la collection d’Aalto, voguant entre réalité et fantaisie. Des distorsions, des déformations dans les proportions. Des motifs vintage avec une petite touche de romantisme. Des accents sportswear.

Aalto by Tuomas Merikoski
RTW Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion Week

Mais surtout des mélanges façon collages avec juxtaposition d’éléments, de matières. De l’oversize avec des volumes, une carrure démesuré. Gants bouillonnés. Anthopomorphisme d’un pull de laine où se dessinent des seins.

Aalto by Tuomas Merikoski
RTW Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion Week

Le logo du label, autour du coeur…, se retrouve en motifs sur les modèles. Love.

Aalto by Tuomas Merikoski
RTW Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion WeekAalto by Tuomas Merikoski
RTW Fall Winter 2018 Collection
Paris Fashion Week

 

 

 

 

 

Lacoste

 

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Si au nom de Lacoste s’impose l’image d’un polo et d’un emblématique crocodile, il y a aussi la mode, sous la direction artistique de Felipe Oliveira Baptista. Cette saison, sous les auspices du golf et en souvenir de Simone Thion de la Chaume (championne et épouse de René Lacoste), le créateur a choisi de s’inspirer du parcours de Chantaco et de son plan d’arborisation (avec un contexte « humain » attachant).

Les codes de Lacoste restent proches du sportswear avec élégance et optent pour la fonctionnalité, la praticité. Des capes, des trenchs, des parkas (double-face), des ponchos thermosoudés. Dans la gamme de couleurs, le vert domine et évoque le green (comme le décor du défilé où aux alentours des espaces verts dessinés ne manquent que les golfeurs).

Des détails de motifs figuratifs avec clubs de golf, arbres, feuille de chêne rouvre… Un très joyeux et amusant imprimé genre assemblage de cartes postales, paysages et fauves rugissants en coupe-vent. Think green.

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Anrealage

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Les défilés d’Anrealage sont toujours un terrain d’expérimentations qui emportent vers de nouveaux mondes où la technologie fusionne avec la poésie.

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Avec sa collection « Prism », les jeux lumineux métamorphosent ses matériaux. Sur le PVC et autres tissus, la lumière façonne des détails, révèle des formes facettées en couleurs.

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Leçon de géométrie ludique où losanges et carrés se conjuguent et scintillent légèrement. Bruts de décoffrage, les énormes pulls se recomposent en collages abstraits de couleurs.

Détails plastifiés, reflets irisés, argentés, contraste de couleurs. Des boots, des « imperméables » dans un climat un brin futuriste façon sixties.

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Un voyage poétique, mais aussi tout simplement de la mode.

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Victoria /Tomas

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Deuxième collection dans le calendrier officiel pour le duo Victoria/Tomas. Des formes déconstruites et reconstruites. Des patchworks de tissus pour mode en recomposition. Appliques façon sur-poches, incrustations pour vêtements bi-matières.

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Des superpositions, des mélanges, des contrastes. Un côté masculin avec les chemises très travaillées, mais féminisées dans la coupe par les arrondis, les effets.

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Des manches en volume, avatar de ballon. Du denim destroy.

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Un zeste d’asymétrie. D’amples robes en satin, d’autres en maille près du corps. Du masculin, du féminin ; du travaillé, du destroy ; un jeu de contrastes.

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Jour/Né

 

Jour/Ne Fashion Show, Ready To Wear Collection Fall Winter 2018 in Paris

Autour du chiffre 27, l’âge des trois créateurs, (Lou, Léa & Jerry). Mélancolie du temps qui passe. L’inspiration vogue autour de mythes de la musique avec des références de l’ordre vestimentaire : les costumes en velours de Jimi Hendrix, du denim destroy de Kurt Cobain, le chic façon Jim Morrison ou les robes à fleurs d’Amy Winehouse. Quelques notes de musique s’impriment en ponctuation.

En guise de point de départ, le vestiaire masculin avec ses costumes, sa coupe, mais travaillé dans des matières allant du velours au satin. Des proportions « grunge » disent les créateurs. Des imprimés chamarrés et pléthore de tartans. Télescopage de tissus, d’imprimés qui s’opposent, se heurtent.

Sous les auspices de la Cigale (le lieu), un défilé en musique pour un hiver où l’hémiptère ne sera pas dépourvu quand la bise sera venue.

Jour/Ne Fashion Show, Ready To Wear Collection Fall Winter 2018 in Paris

Marine Serre

Marine Serre FW18

 

Manic Soul Machine est le titre du premier défilé de Marine Serre. Si le futur est en ligne de mire, sa mode se dessine pour un temps présent. Auréolée du prestigieux prix LVMH, la créatrice se lance dans la cour des grands et se pose déjà la question de la construction d’une nouvelle marque dans le contexte actuel. Un embryon de réponse avec sa première collection ?

Marine Serre FW18
Marine Serre FW18

Le motif signature du croissant de lune, déjà dans ses premières présentations (notamment au festival d’Hyères), revient en leitmotiv, en total look ou en ponctuation y compris en accessoire.

Le vêtement utilitaire, pratique, un peu sport est un des choix pour sa dimension de confort et de protection.

Jeu de foulards avec l’utilisation d’éléments vintage soigneusement choisis pour leurs couleurs, leurs motifs et (ré)assemblés ; surcyclage du passé allant du détail (autour des sacs) au total look chamarré.

Métissage des silhouettes où les styles se télescopent et fusionnent, swingant du legging aux volants romantiques.

Du PVC, du velours, du denim… un festival de matières.

Marine Serre FW18
Marine Serre FW18

Quant au message du future wear, il peut se lire, imprimé sur quelques vêtements.

Marine Serre FW18
Marine Serre FW18

Jacquemus

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Du soleil en hiver, une ambiance de souk sur fond de musique orientale. Une gamme de couleurs sobres et chaudes comme un marché aux épices ou le mirage de magiques étendues de sable. Jacquemus donne le coup d’envoi de la semaine de la mode avec une collection d’hiver… Un air de vacances, des souvenirs du Maroc et la nostalgie d’une mode féminine, décontractée.

Juste un zeste d’orientalisme, sans excès, sans caricature. Le souvenir d’une djellaba, mais façon pantalon. Des robes aux découpes asymétriques qui mettent une jambe à nu.

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Les modèles passent du long baba à la minijupe. Quelques drapés. Des vestes avec des volumes, des arrondis.

En accessoirisation la capeline démesurée, déjà un peu signature. Très remarquée, la capeline sera parfaite pour se protéger du soleil. Des sacs dont le mini Chiquito. Sous le soleil du Maroc, exactement.

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Yves Saint Laurent à Marrakech

 

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Ouvert dans une ville que le couturier a particulièrement aimée, le musée Yves Saint Laurent à Marrakech a ouvert à l’automne dernier avec un accrochage de modèles particulièrement réussi.

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Conçu par les architectes de Studio Ko (Olivier Marty et Karl Fournier) le musée est déjà élu « Meilleur nouveau bâtiment public 2018 » par le magazine Wallpaper. D’une surface totale de 4 000 m2, le bâtiment a un espace d’exposition permanent, une bibliothèque, un auditorium, un café, des réserves… Situé dans le magnifique jardin Majorelle où figure déjà le musé berbère, le bâtiment se présente comme une dentelle de briques aux chaudes couleurs de terre. Les architectes se sont intéressés à la dualité entre courbes et lignes droites dans leur assemblage de cubes. Comme pour un vêtement, l’intérieur est très différent, à l’image d’une doublure avec des effets lisses et lumineux.

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La première sélection de vêtements d’Yves Saint Laurent se dessine de façon thématique : Masculin féminin, Noir, l’Afrique et le Maroc, les Voyages imaginaires, les Jardins, l’Art… On y découvre évidemment les classiques signatures : le caban, le smoking, la saharienne, la robe Mondrian.

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Mais la sélection fait aussi la part belle à la couleur, en partie révélée au couturier au contact de ce pays. « … Lorsque je découvris le Maroc, je compris que mon propre chromatisme était celui des zelliges, des zouaks, des djellabas et des caftans. Les audaces, qui sont depuis les miennes, je les dois à ce pays, à la violence des accords, à l’insolence des mélanges, à l’ardeur des inventions. Cette culture est devenue la mienne, mais je ne me suis pas contenté de l’importer, je l’ai annexée, transformée, adaptée ».

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Dans la grande salle, les murs noirs s’éclairent de projections : des dessins, des photos, des petits films ainsi la belle robe Wesselmann dont le corps en silhouette rose s’anime, ondule.

Un espace est dévolu aux bijoux où se distinguent les pièces dorées imaginées par Claude Lalanne (bustier moulé sur Veroushka en 1969).

Dans cette salle aux éclats baroques, la couleur règne et se démultiplie tout comme les références magnifiques à l’art, Picasso, Braque, Matisse,… Une palette chatoyante, des broderies somptueuses. Une exquise promenade, un voyage exotique au pays de la couleur.

 

 

Photos du musée : © Fondation Jardin Majorelle / Photo Nicolas Mathéus

Yves Saint Laurent, Dar El Hanch © Pierre Bergé