Hervé Léger Leroux

Hervé Léger

 

(Re)connu pour ses robes à bandes qui sculptaient et magnifiaient le corps, Hervé Léger Leroux vient de disparaître à l’âge de 60 ans.

Né Hervé Peugnet, le créateur débute en tant que coiffeur, puis modiste avant de créer des robes. Karl Lagerfeld lui invente son premier nom pour le lancement de sa marque en 1985 : Hervé Léger. Dans les années 90 il acquiert une notoriété avec ses robes à bandes qui gainent les corps, les sculptent, en gomment les défauts; des robes de déesses. Il défile à Paris, les plus beaux top de l’époque portent ses modèles : Cindy Crawford, Karen Mulder…. Pour Iman Hervé Léger créera une superbe robe à l’occasion de son mariage avec David Bowie en 1992.

Une rencontre avec Edgar Bronfman Jr et son épouse qui aime ses robes conduit à une participation de Seagram dans la maison Leroux en 1995. Quelques années plus tard le groupe décide de cesser cette activité mode. Hervé Léger n’a pas vraiment le temps de trouver un nouveau partenaire et sa maison passe dans les mains de BCBG Max Azria. L’entente n’existera pas et Hervé Léger perdra son rôle et son nom dans l’histoire.

En 2000 il décide de recommencer sous un autre nom que lui trouve à nouveau Karl Lagerfeld en raison de la couleur de ses cheveux : Hervé L. Leroux. Il s’installe à Saint-Germain-des-Prés dans un lieu qui avait appartenu à Madeleine Castaing. Il redémarra avec courage sa carrière de façon plus intimiste ouvrant une boutique et un studio, épaulé par sa soeur Jocelyne. Il y a quelques mois l’aventure de la rue Jacob s’est malheureusement terminée, mais Hervé Léger nourrissait encore des projets…

Le 25 septembre sur sa page facebook Hervé Léger avait mis une photo de Dita von Teese en robe Hervé Léger photographiée par Ali Madhavi.

 

 

Je me souviens…

Un première rencontre à Tokyo à la fin des années 80 où je lui parlais de mes deux vêtements Hervé Léger : une robe bi-matière noir et blanc et un blouson vert à boutons dorés.

Quelques années plus tard, une interview pour Cosmétique News autour de créateurs qui pourraient lancer un parfum à leur nom.

Quelques mois plus tard des rendez-vous amicaux pour discuter d’une proposition faite par Procter & Gamble de créer un parfum Hervé Léger.

Un grand papier et la couverture de Cosmétique News pour annoncer le lancement du parfum. Une très jolie création : un oriental boisé d’Alberto Morillas, un flacon de Serge Mansau façon colonne sans fin aux quatre faces différentes et des photos magnifiques de Francis Giacobetti dans un jeu de lumières écho aux bandes mythiques. Làs le timing du lancement coïncida avec le changement de partenaire et la perte du nom…

Plusieurs fois j’allais rue Jacob voir les créations dans le petit salon feutré décoré de pièces de Fornasetti notamment. Entendre les anecdotes d’Hervé ainsi sa rencontre avec une actrice anglaise très connue à laquelle il avait annoncé que ses robes faisaient des miracles !

J’aimais l’entendre parler de plantes et de son jardin soigné avec une attention remarquable.

Il y a quelques mois je l’ai croisé au marché avec Jocelyne et il m’annonçait la fin de l’aventure de la rue Jacob…

Je me souviens de son rire, de son énergie face à l’adversité.

Triste

 

C Ali Madhavi

 

Issey Miyake

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Si la recherche est un maître mot dans les collections d’Issey Miyake, poésie et fantaisie sont aussi toujours de la partie. « A piece of Memory » se penche sur la nature et ce qu’elle représente au fil du temps.

D’une masse informe, un souffle, un mouvement et surgissent deux corps dansants, le ton est donné. Une danse élémentaire vers la terre, une terre explorée par le créateur Yoshiyuki Miyamae. Cette saison, l’Islande et sa géographie extraordinaire sont source d’inspiration : terre de glaciers, de geysers, de paysages rudes et magnifiques… Dans des tonalités de bleus et de verts, les imprimés voyagent. Les différentes techniques donnent aux vêtements de l’ampleur, du volume, tissus extensibles, effets ressort. `

Steam Stretch. Les formes 3D sont aplaties au moment de l’impression et la couleur de base se dessine à l’ombre des plis.

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Baked stretch. Une technique de « cuisson » qui donne de plus en plus de souplesse au vêtement. En imprimés, les paysages d’Islande se dessinent entre les plis.

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Vêtements à carreaux teints d’une couleur marron obtenue par un pigment provenant de la terre. Un procédé issu d’une technique traditionnelle japonaise originaire d’Amami Oshima : Dorozome

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« Cube » Un tissu composé à partir de plusieurs carrés combinés. Au final, un carré à plat qui prend tout son volume un fois déplié et porté.

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Un technologie en recherche permanente mais au service d’un collection joyeuse, ludique, écrin d’un corps en mouvement.

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Photos Fréderique Dumoulin

Uma Wang

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Créatrice chinoise ayant étudié à Shanghai puis à Londres, Uma Wang poursuit une route personnelle et poétique depuis la création de sa maison en 2009. Pour son deuxième défilé parisien, elle se plonge dans les années vingt (XXe siècle) en Occident. Durant cette période riche en liberté d’esprit, en créations, la mode s’est libérée de ses carcans et réinterprète des vêtements venus d’ailleurs, en formes, en motifs. Rêvé par le prisme d’une lecture occidentale qui le phantasmait merveilleux, cet Orient était source d’inspiration infinie.

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Subtile et poétique, la collection d’Uma Wang demeure dans la palette qui sied à la créatrice, des gammes infinies autour du beige, du marron, couleurs de terres, sourdes. Des couleurs délavées, détrempées… portées par de longues robes où les formes de caftan sont retravaillées, déconstruites en asymétrie pour donner des effets de volumes, de drapés. Dans les velours, les tons vifs surgissent éclatants, soyeux, brillants, en violet, en vert… Une robe manteau bi-matière, veste en molleton de coton et bas de jupe en velours brillant et motifs floraux.

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Superposition de gilets en transparence sur des jupes, des voiles. L’art déco s’invite également et son caractère géométrique se retrouve dans la mise à carreaux d’un imprimé à damier en version marron (en show-room existe une déclinaison bleue).

Une magnifique collection empreinte de sérénité, de douceur, de poésie. Une belle et vraie histoire de mode personnelle, intemporelle.

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Ann Demeulemeester

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Sébastien Meunier poursuit l’oeuvre au noir et blanc de la maison en retravaillant les codes avec respect. Silhouettes fluides, détails de lanières, de sangles, habits de plumes… Du noir, du blanc ; du noir et du blanc, comme les touches d’un piano qui composent chaque saison une nouvelle histoire.

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Dans cette dernière collection se déclinent les mots Kids et Forever.

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Just Kids, comme le récit de Patti Smith dont la silhouette et l’allure ont souvent côtoyé l’histoire de la maison. En 2 000 Ann Demeulemeester avait déjà, sur des tabliers en mousseline, posé des phrases de ses poèmes; puis plus tard sur des tee-shirts : What remains is Future. La dernière collection homme signée Sébastien Meunier (Printemps-été 2018) rendait hommage au duo Mapplethorpe-Patti Smith et à leur vie bohème et créatrice.

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Une androgynie travaillée, du masculine-féminin, en noir et blanc. Black and white forever. : What remains is Future.

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Photos Guillaume Roujas / Nowfashion

Manish Arora

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« Ready to love » annonce Manish Arora, thème d’une collection colorée en douceur. Les motifs « manishéens » se retrouvent à profusion, coeur, étoiles, fleurs, feuilles ainsi que ses abstractions psychédéliques. Auberge espagnole d’éléments venus du monde entier : motifs de mosaïques arabes, broderies indiennes Zardozi, tissu Chandri, poisson Navajo, animaux aztèques… les références se multiplient et fusionnent.

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Les broderies sont quasi omniprésentes et viennent donner leurs lettres de noblesse à des blousons en jean customisés.

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Un esprit pyjama amplifie la décontraction, le farniente. Une palette douce autour de rose pâle, de vert d’eau, de bleu ciel… mais avec des éclats brillants.

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Au final, réunion d’ « une attitude aristocratique et d’un esprit bohême ».

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Mainish Arora

Atlein

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Très belle collection pour Atlein* qui élargit sa palette et s’aventure sur de nouveaux territoires. « Memories pulsating from the past » est le thème de la collection. Se nourrir du passé pour se projeter dans l’avenir. 38 silhouettes ont défilé dans un petit écrin parisien, la Chapelle expiatoire, lieu de mémoire, de recueillement. Les premiers passages, tailleur, renouent avec l’expérience d’Antonin Tron qui a travaillé d’abord des collections au masculin. Architecture, allure un peu martiale, couleur kaki… au pas.

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Fluidité du corps en mouvement avec la maille signature d’Atlein, savantes constructions, effets drapés, « inside out ».

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Collages, patchworks de matières, de couleurs, déconstruction et assemblage. Robe bleu délavé.

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Silhouettes bicolores, une pointe d’asymétrie, boutonnage de côté, tournant.

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Et le choix d’imprimés colorés.

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La culture est toujours citée dans le travail d’Atlein, cette saison les références sont musicales et visuelles avec 1994 de Maud Geffray (Scratch Massive), cinématographiques avec Le miroir de Tarkovski et picturales avec Odilon Redon. Atlein à suivre…

* Atlein (« at-line ») a été créé par Antonoin Tron en 2016 (initiales AT). AT aussi comme océan ATlantique, écho à la fluidité, au mouvement. Diplômé de l’Académie Royale d’Anvers, Antonin Tron a travaillé dans les studios de Louis Vuitton, Givenchy et Balenciaga avant de se lancer sous son nom. Prix ANDAM de la Première collection, Atlein a aussi été finaliste du LVMH prize en 2017.

Yang Li

 

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  •  Concert de musique (Michael Gira) pour Yang Li avec une ode au noir transfiguré d’imprimés photo rougissants. Visages de femmes à la cigarette, détail de main, élégance du geste.
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  • Oeuvre au rouge incandescent jusqu’à l’entière silhouette.
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  • Rouge vif marié au rose fuchsia.
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  • Asymétrie d’une encolure, drapé autour d’un buste… viennent adoucir l’impression de rigueur.
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  • Un zeste d’attitude punk en rébellion avec les fentes au niveau des genoux, les godillots noirs ; clous et pointes en métal hurlant. Opposition op entre noir et blanc, graphique géométrie.
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  • Une pointe d’exotisme revisité, tissus précieux, chinoiseries à motifs floraux très « in the mood for love ».
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Photos Gio Staiano Nowfashion

Rochas

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Un Orient rêvé où l’imagination vagabonde vers un exotisme réinventé. Inspiration de motifs sinisants, japonisants. Riches broderies à défier d’hypothétiques lois somptuaires. Un esprit couture (les racines de la maison) avec de belles matières ; mousseline de soie, crêpe georgette, cigaline… Formes amples, juponnées, à porter sur pantalon (dans un esprit aussi oriental).

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Bustiers à volant.

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Des couleurs éclatantes, vives, du jaune, du vert… Télescopage de tonalités, d’imprimés qui s’opposent. Féerie d’un jardin extraordinaire où poussent des plantes improbables. Éclat de métaux précieux, or, argent. Tissus brillants, écho aux riches étoffes qui composent les obis de kimonos. Une collection baroque et couture.

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Photos Marcus Tondo

 

Guy Laroche

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Mythique, la robe noire et décolletée de Guy Laroche pour Mireille Darc a servi d’inspiration au nouveau créateur de la maison, Richard René*. Un défilé hommage à la silhouette de la grande sauterelle avec des perruques au carré blond platine. Des lunettes de soleil en accessoire et une collection autour de la robe noire. Des modèles architecturés avec des découpes graphiques, jeux de transparences avec les parties en mousseline.

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Pour le glamour, une touche de paillettes et un éclat de blanc satin et plumes.

Un message noir sur blanc : DARK, homonymie du sombre et du nom de l’actrice.

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Ultra plongeant, le décolleté se retrouve dans le bas du dos et s’affiche coquin en version maillot de bain. 17 silhouettes autour du noir et d’un jeu de caché-dévoilé.

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*Diplômé de LISAA, Richard René a travaillé chez Hermès et plusieurs années chez Jean Paul Gaultier. Grand prix du festival d’Hyères en 2004, il a lancé sa marque et est devenu directeur créatif chez Villebrequin.

 

 

Dries Van Noten

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Échappée belle sur une imaginaire route de la soie. Fragments de foulards colorés réassemblés en collages, façon cubiste. Vêtements souples aux allures drapées. Des motifs orientalisants, japonaiseries d’une madame Chrysanthème ou peinture de « nuages ».

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Une palette sourde dans des tonalités où dominent ocre, beige, terre… mais aussi du jaune vif, du vert. Des éclats de couleur avec motifs végétaux ou floraux. Sinuosité versus géométrie mise à carreaux.

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Broderies et paillettes viennent donner de l’éclat aux différents motifs abstraits (arabesques) ou figuratifs comme les étoiles de mer.

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Une collection douce et délicate, empreinte de sérénité.

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