Aalto

 

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After nature. Aalto se pose la question de l’impact des activités humaines sur la nature. Une pensée pour la planète, une réflexion et l’envie de changer… rester positif et optimiste. Si internet avec sa masse colossale d’informations, de messages, submerge la vie au quotidien, la collection s’en inspire et détourne les messages en en inventant d’autres.

PARIS FASHION WEEK
READY-TO-WEAR SPRING SUMMER 18
AALTO INTERNATIONAL

Dans le style, une réminiscence des années 30, des effets drapés, des volumes augmentés, accentués, soulignant les hanches, les épaules, la taille pour exacerber la féminité.

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READY-TO-WEAR SPRING SUMMER 18
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Éléments du vestiaire détachés, comme les fragments de bustier plaqués à plat, juste posés en suspension.

Une palette sobre, dans des ocres, des beiges avec des accents de couleur aux éclats fuchsia.

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Pour les faux logos, le travail a été mené avec un collectif finlandais : GRMXXI. After Nature, Fun, Bye Bye, Play Play Play, Http, Grl Powa 4ever, Virtuality…

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Lacoste

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Si le crocodile avait traversé l’Atlantique pour quelques saisons à New York, il est de retour à Paris. Joli et joyeux terrain de jeu pour le talentueux Felipe Oliveira Baptista. Si des chiffres surgissent en décor, c’est l’annonce de l’anniversaire de la maison, 85 ans que René Lacoste a imaginé un petit polo (ou « chemise ») et l’a gratifié d’un emblématique crocodile.

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Dans une collection mixte, le crocodile figure à sa place, mais devient aussi le héros de nouveaux imprimés. Parmi les couleurs, les classiques maison : marin 166, Rouge 240, Vert 132, Blanc 001. Une réinterprétation du sportswear et une bonne dose de technologie. Fusion : nylon et daim pour un coupe vent. Avatar : la chaussure bateau se hausse d’un petit talon. Tissus thermo collés, bord non fini, vêtement intelligent à double porté… Hommage au cinéma et à la robe à volant que portait Isabelle Adjani dans L’Été meurtrier. Asymétrie de mini-robe dérivée du polo.

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Prolifération de crocodiles imprimés à foison et avec humour.

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Koché

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Paris est magique… Cristelle Kocher a imaginé pour sa dernière collection une fusion avec le sportswear.

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Le maillot des joueurs du PSG dont l’équipe brille sous les feux d’une riche actualité avec l’arrivée de Neymar et de Mbappé est en vedette. Les codes du maillot de sport avec ses chiffres, ses noms s’unit à un vestiaire de ville. Le maillot Fly Emirates est revisité, customisé, brodé, pailleté.

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Un esprit collage, assemblage avec des logos, des plages unies. Dans le graphisme s’invite le lettrisme et se distinguent des fragments de noms : Koché et Paris. L’ajout d’une touche de dentelle vient féminiser la silhouette. Dans la gamme des couleurs, des passages très géométriques qui font songer au suprématisme. Un terrain de jeu.

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Anrealage

 

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Recherche, expérimentation, innovation toujours innervent le travail de Kunihiko Morinaga sans négliger une touche de poésie. La collection du printemps été annonce « power », dans le sens d’une puissance physique. Pour le créateur, au fil des jours, nous mettons de la tension dans les vêtements portés. Cette tension se retrouve à imprégner les vêtements avec une sorte de puissance physique que le créateur a voulu rendre perceptible, visible via la technologie méchanochromique utilisée en architecture pour déceler les failles, traduisant les tensions en lumière. Ici la technologie transforme l’énergie du mouvement en lumière. Cette puissance est personnifiée par une sorte de Wonder Woman !

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Au final un collection qui joue sur différents registres paradant autour du corps. Des modèles surdimensionnés (300%) mais rétrécis au moyen d’élastiques. L’utilisation de bandes de kinésiologie pour améliorer les performances physiques se retrouve dans les motifs de mise à carreaux.

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Épaules et manches surdimensionnés.

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L’utilisation de Cuben Fiber, une matière non tissée ultra légère, très résistante (15X plus que le fer) utilisée en voile (elle flotte), sert de protection. Et enfin l’effet méchanochromique où la lumière est générée par le mouvement pour nouvelles lucioles.

Une collection où le vêtement n’épouse pas le corps, mais l’enveloppe et lui dicte de nouvelles conditions. Un corps augmenté et contraint, en apparence, avec les effets de « sangles ». Se dessine une nouvelle géographie aux méandres dessinés, soulignés.

Victoria/Tomas

 

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Premier véritable défilé du duo Victoria/Tomas qui a déjà présenté dans le cadre du Designers Appartment et a figuré parmi les finalistes du festival d’Hyères en 2013. La marque a été créée par Victoria Feldman et Tomas Berzins qui se sont rencontrés dans une école de mode à Paris (Esmod).

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Le thème de leur premier défilé conte une histoire d‘amour entre un bad boy et une sage jeune fille. Le vestiaire aux réminiscences masculines (comme la chemise) s’échappe vite vers une douce féminité. Rencontre de différentes matières pour vêtements hybrides. Une pointe d’asymétrie pour déstructurer la silhouette, là uné épaule, là un bas de jupe… Le trench se revisite. D’amples robes à taille basse.

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Jeu de découpes aux encolures, dans les jupes, ouvertures hublot, façon oculus entouré d’effets drapés, froncés.

De petits carreaux, des rayures…

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Guerre de boutons démultipliés en motifs décoratifs.

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Sur les robes de popeline de coton à rayures, l’incrustation d’un motif géant en Y, signe de paix ?

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Paskal

 

Paskal Spring Summer 2018 Fashion Show in Paris

 

La tête dans les nuages et flotte le thème de la collection de Paskal (Julie) dans un esprit primesautier avec des modèles aux formes simples, mais enrichis de volumes, de découpes, de volutes, avatars de nuages (découpes laser). La palette s’inspire des couleurs que peut produire le ciel dans ses variations les plus fantasques : turquoise, rose coucher de soleil ou blanc.

Paskal Spring Summer 2018 Fashion Show in Paris

À l’opposé, des couleurs plus sombres et classiques, bleu et noir. Quelques télescopages de couleurs audacieux : ocre, noir et bleu ciel.

Paskal Spring Summer 2018 Fashion Show in Paris

Les matières jouent sur le poids pour le tombé avec coton et surtout néoprène. Une collection géométrique pour l’esprit de base et enjolivée de nuages en fleurs, rêverie.

Paskal Spring Summer 2018 Fashion Show in Paris

Pleats Please Vitamin

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Une bonne dose de vitamines avant les défilés… L’humour des campagnes de Pleats Please s’est plongé dans une joyeuse série de végétaux où se cueillent fruits et légumes composés de tissus plissés.

Si le Japon a une solide réputation en matière d’emballage, des siècles passés à aujourd’hui en passant par le furoshiki ou l’ouvrage mythique Comment emballer cinq oeufs, la mode aussi s’aventure sur ce terrain avec poésie.

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Pour Issey Miyake depuis plusieurs saisons Taku Satoh met en scène les vêtements de la collection Pleats Please. Un joyeux dosage de création dans les formes et une salutaire pointe d’humour que l’on retrouve dans les séries des sushis ou des animaux.

Banana

 

Depuis le printemps, cap sur la nature avec la série Vitamin : poivrons, choux, banane. Pour l’automne le panier de la ménagère se complète avec pommes, poire, raisin, citrouille, oignons, navets, potiron. À déguster avec les yeux.

Turnip

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Direction artistique : Taku Satoh.

Design : Yuri Yamazaki.

Photographie : Koji Udo.

 

Oh couleurs !

Musée des arts décoratifs et du design de bordeaux - exposition "Oh couleurs !" - 2017

 

Belle exposition sur un thème fascinant, la couleur, au travers d’un parcours dévolu au design à Bordeaux. La thématique fait ses gammes, multipliant les objets réunis par couleur ou jouant le contraste, les oppositions. Ainsi le noir de meubles de Starck et Szekely se trouve confronté au rouge sang d’une cape de matador (vidéo de corrida).

Un parcours riche en (re)découvertes d’objets, de meubles de grands noms du design. Le bleu plonge dans l’indigo avec des boro japonais. L’argent avec Paco Rabanne et son choix du métal en guise de matériau de prédilection pour mettre sur orbite la mode du futur dans les années 60.

Multicolore avec une série de casques de travail, de boîtes Tupperware pour le quotidien. Multicolore de création avec le fauteuil de Proust de Mendini, pointilliste ; le cabinet Hotel California d’Ettore Sottsass et les touches de couleurs de la bibliothèque de la maison de la Tunisie de Charlotte Perriand.

Mendini - M.delanne

 

Dans le catalogue figure une série de textes passionnants.

– Bordeaux : une couleur à boire ? de Manlio Brusatin autour de cette dénomination et de sa première utilisation avérée en 1886.

– La couleur des drapeaux par Michel Pastoureau. La symbolique des couleurs et le choix de formes souvent géométriques, héritage de l’héraldique. Prédominance du rouge, présent dans 77% des drapeaux et ensuite du blanc, à 58%. Des drapeaux qui possèdent en général au maximum quatre couleurs. « Trop de couleurs gêne le regard. Un drapeau trop compliqué ou trop bariolé n’est plus facilement représentable … et n’est pas plus très clairement visible de loin donc il ne remplit pas bien sa fonction ». Une belle exception à six couleurs, l’Afrique du Sud.

– Annie Mollard Desfour disserte sur le jaune du Midi, une couleur qui signe la région, jaune du soleil, citron, mimosa, pastis… en route vers le Sud.

– Constance Rubini : Paule Marot une décoratrice parisienne à la Régie Renault. L’histoire d’une créatrice venue dynamiser les couleurs des voitures qu’elle jugeait trop ternes, pas assez travaillées. Pour la Dauphine, Paule Marot a multiplié les créations, donnant à ses couleurs une terminologie recherchée : Gris Montespan, Blanc Rejane, Jaune parchemin, Beige Galapagos…

Musée des arts décoratifs et du design de bordeaux - exposition "Oh couleurs !" - 2017

– Camille Parrot, sur la couleur indigo des boro. Plongée dans un technique ancestrale de teinture qui au Japon existe depuis le IVe siècle. Les boro sont des tissus japonais, des « haillons » rapiécés, recousus… Sur le principe du mottainai, contre le gaspillage, une nouvelle vie est donnée aux vêtements magnifiant un goût exquis pour les reprises, sans oublier différentes techniques dont le shibori.

Musée des arts décoratifs et du design de bordeaux - exposition "Oh couleurs !" - 2017

-Le Corbusier et la polychromie de la cité Frugès par Arthur Rüegg. Autour de l’architecture de l’incroyable cité ouvrière à Pessac, les choix très définis des différentes couleurs par le Corbu.

– Donald Judd sur la couleur en général et sur le rouge et le noir en particulier. Une conférence passionnante.

-Les couleurs d’Ettore Sottsass. (1990) «  Les couleurs s’échappent, ne s’arrêtent jamais ; il est impossible de dire la couleur N°225, car on ne sait jamais si le N°225 est à côté ou loin de la fenêtre, ni si la lumière qui filtre de la fenêtre est celle du brouillard de l’hiver ou celle, blanche, de l’été… j’admets qu’il y ait quelqu’un -un peu fou- qui attribue des numéros aux couleurs. Cela peut être utile, pour s’expliquer dans la hâte et l’approximation… la couleur, contrairement aux mots n’est pas une invention artificielle, mais c’est le cosmos même. »

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Oh couleurs ! Le design au prisme de la couleur.

Musée des Arts Décoratifs et du Design de Bordeaux jusqu’au 5 novembre.

 

 

Vincent Baurin Ocelle/ MADD J.C. Garcia

Mendini. Fauteuil Proust MADD M. Delanne

Paule Marot. Rehcerches chromatiques. Renault Communication.

Boro. Détail Yogi MADD J.C. Garcia

Carte blanche à Pierre Charpin avec Cabinet Hotel California d’ Ettore Sottsass.

 

 

Bois farine

100ml_BoisFarineOVNI de la parfumerie, Bois Farine se nichait dans un coin de ma mémoire… Il y a quelques jours, j’y songeai et puis le dernier livre de Jean Claude Ellena m’est parvenu : L’écrivain d’odeurs. Le chapitre N°11 est consacré à ce parfum hors norme. Dans ma bibliothèque de parfum, Bois farine est toujours là. Son odeur ? Parfaitement fidèle à mon souvenir, une douceur enveloppante, un côté « blanc », lacté, suave, poudré. En cherchant des repères familiers : iris, santal, coumarine peut-être. Blanc infiniment. Bonheur de redécouvrir ce délicieux cocon et envie de le porter à nouveau.

Retour à l’année de création. En 2003 L’artisan parfumeur lance de très jolies choses et la maison fait aussi souvent preuve d’audace. Marie Dumont propose à Jean Claude Ellena de créer le premier chapitre d’une collection : « Odeur volée par un parfumeur en voyage ». Jean Claude Ellena raconte s’être plongé sur ses notes et avoir retrouvé quelques mots sur une fleur, Ruizia Cordata (petites fleurs rouges) ou bois de senteur blanc (un porte-bonheur), de l’île de la Réunion…

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« Une fleur sentant la farine était un cadeau. La nature me libérait des conventions en m’offrant la possibilité de créer un parfum sur ce thème. J’aimais l’odeur et l’image des mains de femme roulant pétrissant, étalant la pâte. L’odeur et les gestes étaient pour moi des plus érotiques, à l’image de ceux de Susan Sarandon coupant des citrons et se parfumant du jus qui en coulait sur ses épaules et ses bras dans la scène d’ouverture du film Atlantic City de Louis Malle ».

Pour composer, Jean Claude Ellena choisit l’orivone qu’il décrit « molécule chimique inoffensive ». « Ce matériau sentait la poudre d’iris, l’avoine et le blé. À ce corps, j’ajoutai du bois de santal pour son caractère lascif et langoureux ainsi qu’une base à odeur de lait concentré. La formule était très simple… moins de dix composants. »

Est-ce l’effet Bois farine, la suggestion du nom, l’odeur délicieuse, je file en cuisine pour préparer une tarte de saison : mirabelles quetsches…

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Bois farine à (re)découvrir, absolument.

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Anofuku

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« Le vêtement de quelqu’un »… Se pose un regard sur le vêtement du futur par le prisme du travail de deux créateurs : Kunihiko Morinaga ( Anrealage) et Keisuke Kanda. Une mise en parallèle de leurs créations d’univers très différents et la fusion de leurs styles pour des projets concrets, l’un avec la société d’animation Ghibli autour de pulls pour enfants avec des « caractères »  et une interprétation du sportwear pour Asics avec costumes et sandales de sport… Hors mode, une bibliothèque portative pour Tsutaya. Une relecture des modes de consommation ? « Souvenirs humains » pour Ghibli, « Nouvelles fonctions » pour Asics et « Multi-usage «  pour Tsutaya.

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L’exposition (à la Maison de la Culture du Japon à Paris) débute par un « happening », les débuts des deux créateurs et des images d’un défilé « sauvage » dans un train de Tokyo.

Ensuite l’univers de chaque créateur.

Pour Anrealage, des pièces de défilés, parfois spectaculaires. Chaque collection est conçue à partir d’un thème et souvent déploie un côté technologique (lecture à travers le prisme d’un flash, transformation visuelle sous l’effet de la chaleur…). Kunihiko Morinaga multiplie le champ des explorations. Conçus selon des formes géométriques, certains modèles ont été développés en volumes et sont à la frontière entre la sculpture et le vêtement architecture. Étonnants vêtements cubes.

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Pour Keisuke Kanda, la création se développe à partir d’éléments traditionnels, une relecture et une métamorphose du vêtement et des accessoires. L’uniforme scolaire, le drapeau japonais, les petits nœuds en plastique à mettre dans les cheveux. Une démarche poétique et populaire et des petits accents « kawaï » mais avec un décryptage et une analyse des phénomènes de la jeunesse japonaise.

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Des créateurs à découvrir ou à redécouvrir (Anrealage défile à Paris depuis plusieurs saisons. Et une confirmation de l’indéfectible talent des Japonais pour la création et l’innovation… Un vêtement réinventé.

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Photos de l’expo : Graziella Antonini