Mystiques et mythiques, l’encens et la myrrhe

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Comme les rois mages en Galilée… Riches cadeaux, l’encens et la myrrhe, avec l’or, étaient jadis l’objet d’enjeux économiques importants tandis que des routes se dessinaient pour faire voyager ces ingrédients d’Arabie en Inde… Route de l’encens, route des épices, pour des matières qui, par le passé, jouèrent le même rôle que le pétrole aujourd’hui. Un encens autrefois plus cher que l’or… Mystiques, les senteurs d’encens créent un lien vers le(s) dieu(x) depuis l’Egypte ancienne. Encens et myrrhe figurent aussi dans la composition du kyphi (premier parfum (re)connu) figurant dans les textes des pyramides. La Bible pose la séduction sous l’égide des aromates et multiplie les références à ces senteurs. Du sacré des fumigations au profane de la séduction, deux ingrédients à (re)découvrir désormais sous forme de parfums dans des souvenirs d’épiphanie.

 

Encens

Gomme extraite du boswellia, l’encens était très connu dans le royaume de Saba où la sagesse de la reine n’avait rien à envier à celle de Salomon. Si le nom hébreu, lebonah, est proche de la couleur blanche de la gomme qui s’écoule sous forme de « larmes », le français encens vient du latin « brûler » qui donne la puissante odeur balsamique. Parmi la vingtaine d’espèces de boswellia dont seuls les arbres mâles produisent l’encens, les variétés serrata et carterii produisent l’encens véritable, l’oliban.

En Egypte, Hatchepsout fit organiser une expédition pour chercher la résine « dans le pays de Pount » et 31 arbres furent ramenés. De nombreuses légendes se dessinent depuis l’Antiquité autour de l’encens. Pour Hérodote, les arbres à encens sont gardés par des serpents ailés ! Pour Pline, il faut saigner l’arbre pour obtenir sa gomme. « On pratique des incisions là où l’écorce paraît le plus gorgée, là où elle est le plus mince et le plus tendue. On dilate la plaie, mais sans rien enlever. Il en jaillit une écume onctueuse, qui s’épaissit et se coagule; on la reçoit sur des nattes de palmier quand la nature du lieu l’exige, autrement sur une aire battue alentour ». Pour Marco Polo l’encens est aussi une richesse : «… l’encens blanc y naît fort bon, en abondance, et vous décrirai comment il naît… En cette cité viennent encore maints beaux destriers d’Arabie, que les marchands portent ensuite avec leurs nefs en Inde, et dont ils font grand profit ».

Utilisée par l’homme pour son odeur de bois camphré, épicée, la résine est associée, pour les Chrétiens, aux odeurs d’église. Si l’encens figure dans la Bible, il fut beaucoup associé à de nombreux cultes païens avant d’être adopté par la chrétienté (via l’encensoir). C’est à partir de ce souvenir d’église, où il allait en compagnie de sa grand-mère, que Giorgio Armani fit créer Bois d’encens (Armani privé). Magnifique composition de Michel Almairac, Bois d’encens s’entoure d’épices, de poivre et de racines de vétiver. Chez Annick Goutal, parmi la trilogie des orientalistes figure un Encens flamboyant avec farandole d’épices, poivre, baie rose, cardamome, muscade sur encens, lentisque.

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Aujourd’hui une pléthore de parfums redécouvre l’encens, nombre de marques de niche en font leur miel. Dans un esprit orientaliste, ces senteurs ténébreuses mènent vers l’opulence de riches sillages.

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Chez Comme des garçons, une série d’Encens rend hommage à l’esprit du lieu : Avignon, Jaisalmer, Kyoto, Ouarzazate, Zagorsk. Des senteurs avec des variations autour des épices (muscade, cardamome, cannelle, …), des bois (palissandre, gaïac, cèdre, pin…). Chez Heeley, Phoenicia mêle l’encens à la douceur de fruits confits : datte et raisins secs tandis que Cardinal entraîne dans une église où les vapeurs d’encens épousent des senteurs de lin frais. Chez Byredo, Encens Chembur entraîne sur les chemins d’un temple Hindou (près de Mumbai) avec encens relevé de citron, muscade, gingembre. Passage d’enfer de l’Artisan parfumeur est signé par Olivia Giacobetti qui éclaire son encens sombre de lys et musc blanc. Tom Ford avec son Sahara noir plonge dans le mystère d’un encens épicé (poivre) et balsamique. État libre d’orange avec Rien Intense Encense associe l’encens à des notes cuirées tandis qu’Encens et bubblegum oppose douceur et profondeur avec humour.

 

De l’église à la séduction Baudelaire rêve l’encens :

« Sur ta chair, le parfum rôde

Comme autour d’un encensoir »

 

 

 

 

La myrrhe

Deuxième cadeau des rois mages, la myrrhe est une gomme résine produite par le commiphora myrrha, un arbre qui pousse au Yémen, en Somalie et révèle des senteurs de citron, romarin. Pour Pline : « L’arbre a cinq coudées de haut, et n’est pas sans épines … L’arbre à myrrhe, transsude d’abord spontanément avant l’incision une myrrhe appelée stacté, que l’on préfère à toutes les autres; au second rang est la myrrhe que l’on cultive; parmi les myrrhes sauvages la meilleure est celle qui se récolte en été. » La légende du nom vient de Myrrha, fille d’un roi d’Assyrie qui séduisit son père et en punition fut transformée en arbre à myrrhe. Un arbuste épineux d’où, neuf mois plus tard, naquit Adonis. La myrrhe s’associe également à la séduction dans la Bible où le terme figure une dizaine de fois. Dans le livre d’Esther, les jeunes filles se préparent pour le roi Assuérus en se purifiant avec de l’huile de myrrhe pendant six mois. Le livre des proverbes laisse libre parole à la femme adultère : « J‘ai parfumé ma couche. De myrrhe, d’aloès et de cinnamome. Viens enivrons-nous d’amour jusqu’au matin, livrons-nous aux délices de la volupté. »

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Chez Annick Goutal, elle s’enflamme en Myrrhe ardente avec des notes fumées de gaïac, cire d’abeille sur fond benjoin et fève tonka. La Myrrhe de Serge Lutens ajoute mandarine de Chine, amande amère sur cœur boisé, épicé, miellé et fond ambré musqué.

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Mallarmé dans son poème La nourrice. Hérodiade l’évoque :

« Sinon la myrrhe gaie en ses bouteilles closes,

De l’essence ravie aux vieillesses de roses »

 

Festen

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Terrible secret de famille, Festen fut un des événements cinématographiques de 1998. Cet automne sa version théâtrale triomphe à L’Odéon Théâtre de L’Europe* avec une mise en scène remarquable de Cyril Teste et l’intervention du parfumeur Francis Kurkdjian qui ajoute une dimension olfactive à la pièce.

En 1998 le film de Thomas Vinterberg, Festen, revendiquait les règles du Dogme95 établies par le réalisateur et Lars von Trier (Les idiots la même année). Un principe suivi plus tard en France par Pascal Arnold et Jean-Marc Barr (Lovers, 1999). Parmi les règles du « voeu de chasteté » : 1. Le tournage doit être fait sur place. Les accessoires et décors ne doivent pas être apportés… 2. Le son ne doit jamais être réalisé à part des images… 3. La caméra doit être à portée de la main… Une voie vers un cinéma plus sobre et proche de la réalité.

 

Au théâtre, le rideau se lève sur l’intérieur d’une belle et grande maison. La table est dressée pour un repas de fête (un anniversaire). Pour s’imprégner du lieu, l’environnement se découvre par les effluves d’une odeur de sous-bois. Pour Francis Kurkdjian : « Une odeur de forêt automnale, après la pluie, quelques heures avant le coucher du soleil. Le craquement de feuilles sèches, mais aussi l’humus, des champignons, le sol mouillé et des flaques d’eau. »

Dans cette grande salle, la table va devenir le théâtre de révélations qui vont aller crescendo. Dans un coin de la pièce, un espace confortable autour d’une cheminée et là s’invite une deuxième odeur de parquet cirée et de feu de bois. Pour le parfumeur : « Une odeur un peu âcre, comme une sorte de miroir olfactif des conversations qui ont lieu ou vont avoir lieu. »

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La conversation va prendre une tournure dramatique, incrédulité des convives, inertie de leurs réactions et progressivement le voile se déchirera autour d’une sordide histoire d’inceste familial et de suicide.

La mise en scène vertigineuse use sans en abuser de la caméra qui filme les visages au plus près et donne à voir les détails des expressions qui se découvrent sur grand écran.

Le collectif MxM pour la performance filmique suit des règles comme pour le Dogme95 : « 5. Les images préenregistrées ne doivent pas dépasser 5 minutes et sont uniquement utilisées pour des raisons pratiques à la performance filmique. 7. Le temps du film correspond au temps du tournage. » Film vérité qui tout à coup mêle l’onirisme à la réalité avec l’arrivée du personnage défunt de la soeur suicidée. Rêve éveillé du frère qui matérialise sa jumelle dans ses souvenirs. Elle surgit à l’écran, fantôme, ombre du passé.

Pour elle a été composée une fragrance. Pour Francis Kurkdjian : « Linda est réhabilitée au sein de la famille. Son parfum est la trace de sa mémoire. J’ai travaillé un sillage en supprimant toutes les notes de tête pour ne pas que l’on sente un parfum qui vient d’être vaporisé, mais déjà posé sur la peau, porté. Un bouquet floral, très large, abstrait, jasmin, rose, iris ; très classique mais contemporain. »

Au final, plongée à nouveau vers le tableau de Corot du décor dans lequel la caméra parfois s’enfonçait et retour à l’ambiance de sous bois pour la fin.

Un festin à voir, absolument.

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*Ateliers Berthier jusqu’au 21 décembre.

Warhol / Comme des garçons. They’re in.

 

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Un air de Coca-Cola plane sur le parfum You’re In créé pour Andy Warhol (la Fondation) par Comme des garçons.

Boisson élevée au rang d’oeuvre d’art par Andy Warhol, le Coca-Cola figure d’abord dans des sérigraphies dont une oeuvre au Whitney Museum alignant plus de 200 bouteilles, Green Coca-Cola Bottle (1967). L’artiste a multiplié les sérigraphies sur le sujet, starisant le Coca-Cola comme la soupe Campbell’s. En 1967 Andy Warhol imagine une sculpture, une caisse jaune (graphisme rouge) de bouteilles bombées argent ; mais quand il décida de remplir les bouteilles d’un parfum frais, citronné (Canoé ?), la firme s’opposa à la commercialisation du projet.

50 ans plus tard, la Fondation Warhol décide de confier un projet parfum à Comme des garçons pour rendre hommage à la création originelle. Dans le même esprit d’une caisse jaune au graphisme rouge s’alignent des flacons argent métallisé et s’invite le nom : You’re in. Sur les étuis et les flacons (façon bombe) six phrases cultes d’Andy Warhol prennent un relief particulier dans le monde d’aujourd’hui.

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I nerver read, I just look at pictures.

In the future everybody will be world famous for fifteen minutes.

I never fall apart because I never fall together

In fifteen minutes everybody will be famous

Art is what you can get away with.

If everybody is not a beauty, then nobody is.

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Mis en scène sous la direction artistique de Christian Astuguevieille, le projet a été réalisé avec le parfumeur Maurice Roucel à partir d’une idée proche de la fragrance choisie par Warhol. En tête se découvre une fraîcheur qui pétille avec orange amère, combava (petit agrume de cuisine asiatique à la peau grumeleuse). Un coeur floral avec jasmin, pittosporum (note jasminée orangée), coriandre (pas essence, mais feuilles) sur fond bois de cachemire (cashmeran), muscs et ambre métallique. La dominante de la fragrance est délicieusement métallique, vif argent strident en tête des aldéhydes sur une colonne vertébrale hespéridée ; le tout dans une formule très courte où Maurice Roucel annonce la présence d’uniquement quinze ingrédients. Une délicieuse fraîcheur aldéhyde à apprécier encore plus dans un monde surdosé en sucreries.

Quant à Warhol, avec ce qu’il a apporté à l’art (l’élévation du quotidien au statut d’icône dans une démarche pop) et ses aphorismes; 50 ans plus tard, il est toujours IN.

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OSNI

 

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Une petite bulle, une délicieuse brume, la tête dans les nuages, le nez au vent, l’OSNI* de Cartier emporte les sens dans un voyage poétique. Un cube de verre transparent, un escalier qui semble sans fin mène vers la traversée d’un nuage parfumé. Pour la FIAC hors les murs avait lieu cette installation Cartier sur le parvis du Palais de Tokyo. Des « technologies bioclimatiques mises au point par Transsolar » ont permis la création d’un nuage en continu avec « un système de contrôle de l’air en strates ». Parfumé à partir de L’envol de Cartier composé par Mathilde Laurent, le nuage se muait en création artistique éphémère. Évanescent, le nuage s’est dissipé, envolé du Palais de Tokyo, mais demeure dans les mémoires.

3 Osni 1 Le Nuage ParfumÇ in situ (c) Cartier, photo Qmike

 

* Objet sentant non identifié.

Bois farine

100ml_BoisFarineOVNI de la parfumerie, Bois Farine se nichait dans un coin de ma mémoire… Il y a quelques jours, j’y songeai et puis le dernier livre de Jean Claude Ellena m’est parvenu : L’écrivain d’odeurs. Le chapitre N°11 est consacré à ce parfum hors norme. Dans ma bibliothèque de parfum, Bois farine est toujours là. Son odeur ? Parfaitement fidèle à mon souvenir, une douceur enveloppante, un côté « blanc », lacté, suave, poudré. En cherchant des repères familiers : iris, santal, coumarine peut-être. Blanc infiniment. Bonheur de redécouvrir ce délicieux cocon et envie de le porter à nouveau.

Retour à l’année de création. En 2003 L’artisan parfumeur lance de très jolies choses et la maison fait aussi souvent preuve d’audace. Marie Dumont propose à Jean Claude Ellena de créer le premier chapitre d’une collection : « Odeur volée par un parfumeur en voyage ». Jean Claude Ellena raconte s’être plongé sur ses notes et avoir retrouvé quelques mots sur une fleur, Ruizia Cordata (petites fleurs rouges) ou bois de senteur blanc (un porte-bonheur), de l’île de la Réunion…

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« Une fleur sentant la farine était un cadeau. La nature me libérait des conventions en m’offrant la possibilité de créer un parfum sur ce thème. J’aimais l’odeur et l’image des mains de femme roulant pétrissant, étalant la pâte. L’odeur et les gestes étaient pour moi des plus érotiques, à l’image de ceux de Susan Sarandon coupant des citrons et se parfumant du jus qui en coulait sur ses épaules et ses bras dans la scène d’ouverture du film Atlantic City de Louis Malle ».

Pour composer, Jean Claude Ellena choisit l’orivone qu’il décrit « molécule chimique inoffensive ». « Ce matériau sentait la poudre d’iris, l’avoine et le blé. À ce corps, j’ajoutai du bois de santal pour son caractère lascif et langoureux ainsi qu’une base à odeur de lait concentré. La formule était très simple… moins de dix composants. »

Est-ce l’effet Bois farine, la suggestion du nom, l’odeur délicieuse, je file en cuisine pour préparer une tarte de saison : mirabelles quetsches…

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Bois farine à (re)découvrir, absolument.

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Un voyage olfactif…

 

Somerset Coty

Mettre le parfum en exposition, une mission quasi impossible… À la Somerset House de Londres, « A sensory Journey through contemporary scent » se consacre essentielllement à des fragrances contemporaines et issues de la « niche ».

 

Un petit rappel historique offre une mise en bouche des parfums mythiques du XXème siècle, de L’Origan (1905) de Coty à CK One (1994) de Calvin Klein en passant par des mythes dont certains encore très connus aujourd’hui : Chypre de Coty (1917), Chanel N°5 (1921), Shalimar (1925) de Guerlain, Shocking (1937) de Schiaparelli, Vent vert (1947) de Balmain, Youth Dew (1953) d’Estée Lauder, l’Eau sauvage (1966) de Dior, Opium (1977) d’Yves Saint Laurent, Giorgio Beverly Hills (1981)… dans leurs flacons, mais seuls deux offrent leurs effluves aux visiteurs.

 

Le reste du parcours joue l’interprétation de fragrances contemporaines dans des « décors », une chambre, un parfum. Apparaissent boules de fer, draps, banc en bois… Le champ des possibles est vaste, mais les ouvertures entre les pièces ne sont pas vraiment propices à la lecture nasale… Les références un peu abstraites sont supposées renvoyer aux sources d’inspiration des parfumeurs, les Highlands d’Écosse, un confessionnal…

Les explications viennent ensuite dans une salle où les cartels lèvent le voile sur les parfums choisis avec les explications des parfumeurs et une carte d’identité olfactive sous forme de liste d’ingrédients autour des différents thèmes ou accords. Intéressant, le petit catalogue reprend ces éléments.

Mais si l’idée est de proposer une découverte qui associe le visuel, le tactile, l’audition à l’olfaction, la réalisation pêche un peu par son excessive simplicité !

Heureusement le souvenir des parfums est là et si quelques uns sont emblématiques de la niche, d’autres sont des découvertes, avec des créations davantage connues en Grande-Bretagne.

 

Comme des garçons 2, 1999

Une composition de Marc Buxton autour d’un thème donné : « a swimming pool of ink » et surgit une délicieuse odeur d’encre qui évoque la calligraphie. Effet métallique avec aldéhydes, laurier, rose oxyde, rhubofix (effet rhubarbe), amarocit. Accord floral : magnolane, tagète, jasmin. Encre fumée : huile de cade, cèdre, encens, tamarin, ciste labdanum. Vert amer : angélique, nonadienal, maté, galbanum.

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-Molecule 01 de Geza Schoen, 2006

Un choix de parfumeur autour d’un ingrédient, l ‘Iso E Sup et de ses « vertus » d’attraction (application du principe des phéromones à l ‘échelle humaine). Au final, une odeur transparente avec des accents cèdre, poivre noir. Même si certaines personnes sont anosmiques à cette molécule, le parfum est devenu une sorte de mythe assorti d’une réussite marketing.

 

Sécrétions magnifiques, État libre d’orange, 2006

Antoine lie a souvent composé pour la marque aux noms provocateurs (Charogne, Putain des palaces…) qu’est État libre d’orange. Pour ces sécrétions sulfureuses, une sensation de « fluides » aux relents d’odeur de sperme entre attraction et répulsion. Un effet « lait » : sulfutroal. « Sang » : diphenylmethane. « Sueur » : huile de cumin. « Sperme » : 2-Methyl-2-Pentonoic Acid. « Salive » : Azurone.

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En passant, Editions Frederic Malle, 2000

Olivia Giacobetti et son écriture discrète tout en élégance s’est inspirée de la ville de Paris et de sa représentation au travers des clichés en noir et blanc de Doisneau en magnifiant un lilas.

Vert et aquatique : helional, concombre. Note poudrée : aldéhyde anisique. Douceur : blé, muscenone.

 

Purple rain, Prada Olfactories, 2015

Signature des parfums Prada, Daniela Andrier a souvent travaillé l’iris. Purple Rain en est une des dernières versions.

Iris mauve : iris aldehyde, héliotrope, methylioantheme, irisone alpha. Racine d’iris : iris vétiver, ciste, isobutyl quinoline, galbanum. Iris sensuel : coumarine, myrrhe, benjoin, nirvanolide, iris absolu, fleur d’oranger

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El cosmico, D.S. &Durga, 2015

Autodidacte, David Seth Moltz, s’est inspiré d’un lieu proche de Marfa, dans le désert du Texas. Une évocation de sable sec, pissenlit, herbes fumées, feuilles séchées…

Sable chaud : guaicol, aldéhydes, C-13 alcool, trisamber. Créosote : khella, vertenex, thym. Abstraction de bois de santal : gamma octalactone, ebanol, bois d’ris. Flore texane : cubeb, poivre noir, cèdre Texas, undecavertol.

 

Charcoal , Pefumer H, 2015

Lynn Harris s’est plongée dans un souvenir du Yorkshire et des régions minières… Et réminiscences d’enfance avec le grand-père au coin de la cheminée.

Fumée : cade, ciste, isobutyl quinoline. Rugueux : vétiver Haïti, patchouli, mousse cèdre. Moelleux : genévrier, cèdre, élémi Iran. Vert transparent : galbanum, feuille. Douceur : angélique, encens, cuir, iso E Super, musc.

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L’air du désert marocain, Tauer Perfumes, 2005

Andy Tauer a imaginé une impression de désert, chaud et sec sans oublier les notes épicées du Maghreb.

Bois : ambroxan, cèdre, ciste…. Épices de souk : linalol, cumin, coriandre , lavande. Balance : bergamote, citronnelle, petitgrain, géranium. Jasmin : jasmonyl, ylang ylang. Feu: goudron de bouleau, mousse de chêne, vétiver Java. Gâteau : vanilline, ambre, patchouli.

 

Avignon, Comme des garçons, 2002

Dans la série des encens, Bertand Duchaufour a interprété Avignon. Et une ambiance de messe, souvenir papal ?

Spirituel : encens, bois de santal, Iso E Super. Profondeur : patchouli, labdanum. Douceur : Iso E Super. Vibrant : cashmeran, cedramber. Contraste : Aldehyde C-12, notes vertes.

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Un décryptage toujours intéressant pour mieux comprendre la complexité d’une création et ses jeux de pistes en accords.

 

Enfin un laboratoire (Givaudan) avec 200 ingrédients et des explications pour sentir, avoir le détail d’une composition et se donner l’illusion de jouer au petit chimiste.

 

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Marques de niche désormais dans une catégorie affiliées à un groupe, elles sont réunies dans une très belle sélection de cinq finalistes. Le vainqueur est le Black Pepper de Comme des garçons,
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-Black Pepper de Comme des garçons. Un parfum solidement épicé autour du poivre noir. Composition d’Antoine Maisondieu, Blackpepper plonge avec délices dans le sombre poivre de Madagascar et l’habille de bois, cèdre, akigalawood (oud), patchouli avec une touche de douceur fève tonka et muscs. Dans un flacon noir de noir. Une nouvelle récompense méritée pour une marque qui multiplie avec bonheur (et succès) les chemins de traverse de la parfumerie.

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-Eau des sens, Diptyque. Une nouvelle histoire d’eau chez Diptyque vient troubler les sens. Dans toutes ses facettes l’oranger amer est magnifié des racines à la cime en passant par les feuilles et les fruits. Avec un zeste de douceur fleur d‘oranger, de l’angélique, baie de genévrier et de patchouli. Une très jolie création d’Olivier Pescheux.

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-Kimonanthe, Diptyque. Une deuxième sélection pour Diptyque avec une composition signée Fabrice Pellegrin. Un jeu de mot pour un nom qui emporte vers le Japon des kimonos et le marie à l’osmanthus en passant par la case inspirationnelle d’une boîte d’encens. Fleur d’Asie aux saveurs et senteur d’abricot, l’osmanthus est ici relevé, épicé avec camphre, girofle, santal et cuir. Un des mes trois coups de coeur de l’année. Un magnifique vagabondage vers le pays de soleil levant sans oublier l’originalité du flacon craquelé.

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-Monsieur, Éditions Frédéric Malle. Composition de Bruno Jovanovic, ce parfum revendique un sexe dans son appellation. Bruno Jovanovic s’est penché avec bonheur sur le patchouli. En tête un zeste d’hespéridé avec la mandarine et une touche d’alcool avec une note absolu de rhum, un fond richement boisé de cèdre, une touche animale de daim et de l’encens, un brin mystique sur fond ambré vanillé et musqué. Pour lui mais aussi pour elle.

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-Soul of the forest, Replica de Maison Martin Margiela. Hommage à la collection Replica de la mode, les parfums du même nom imaginaient des plongées dans le temps et l’espace avec arrêt sur image. La collection Fantasies choisit juste l’imaginaire. Soul of the forest est un voyage vers de sombres et riches forêts où le vert est mis. Canopée à perte de vue, luxuriance et puissance au programme. Notes de sève, écorce, bois… l’esprit de la forêt interprété par Quentin Bisch. À découvrir pour s’y perdre avec bonheur.

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