Uma Wang

Uma_Wang_SS18_Look_03

 

Créatrice chinoise ayant étudié à Shanghai puis à Londres, Uma Wang poursuit une route personnelle et poétique depuis la création de sa maison en 2009. Pour son deuxième défilé parisien, elle se plonge dans les années vingt (XXe siècle) en Occident. Durant cette période riche en liberté d’esprit, en créations, la mode s’est libérée de ses carcans et réinterprète des vêtements venus d’ailleurs, en formes, en motifs. Rêvé par le prisme d’une lecture occidentale qui le phantasmait merveilleux, cet Orient était source d’inspiration infinie.

Uma_Wang_SS18_Look_11

Subtile et poétique, la collection d’Uma Wang demeure dans la palette qui sied à la créatrice, des gammes infinies autour du beige, du marron, couleurs de terres, sourdes. Des couleurs délavées, détrempées… portées par de longues robes où les formes de caftan sont retravaillées, déconstruites en asymétrie pour donner des effets de volumes, de drapés. Dans les velours, les tons vifs surgissent éclatants, soyeux, brillants, en violet, en vert… Une robe manteau bi-matière, veste en molleton de coton et bas de jupe en velours brillant et motifs floraux.

Uma_Wang_SS18_Look_12

Superposition de gilets en transparence sur des jupes, des voiles. L’art déco s’invite également et son caractère géométrique se retrouve dans la mise à carreaux d’un imprimé à damier en version marron (en show-room existe une déclinaison bleue).

Une magnifique collection empreinte de sérénité, de douceur, de poésie. Une belle et vraie histoire de mode personnelle, intemporelle.

Uma_Wang_SS18_Look_07

 

Ann Demeulemeester

Ann-Demeulemeester-RTW-SS18-Paris-2867

Sébastien Meunier poursuit l’oeuvre au noir et blanc de la maison en retravaillant les codes avec respect. Silhouettes fluides, détails de lanières, de sangles, habits de plumes… Du noir, du blanc ; du noir et du blanc, comme les touches d’un piano qui composent chaque saison une nouvelle histoire.

Ann-Demeulemeester-RTW-SS18-Paris-2321

Dans cette dernière collection se déclinent les mots Kids et Forever.

Ann-Demeulemeester-RTW-SS18-Paris-2251

Just Kids, comme le récit de Patti Smith dont la silhouette et l’allure ont souvent côtoyé l’histoire de la maison. En 2 000 Ann Demeulemeester avait déjà, sur des tabliers en mousseline, posé des phrases de ses poèmes; puis plus tard sur des tee-shirts : What remains is Future. La dernière collection homme signée Sébastien Meunier (Printemps-été 2018) rendait hommage au duo Mapplethorpe-Patti Smith et à leur vie bohème et créatrice.

Ann-Demeulemeester-RTW-SS18-Paris-2445

Une androgynie travaillée, du masculine-féminin, en noir et blanc. Black and white forever. : What remains is Future.

Ann-Demeulemeester-RTW-SS18-Paris-2690

 

 

Photos Guillaume Roujas / Nowfashion

Manish Arora

Pixelformula  womenswear  ready to wear prêt a porter summer 2018 Paris Mainish Arora

 

« Ready to love » annonce Manish Arora, thème d’une collection colorée en douceur. Les motifs « manishéens » se retrouvent à profusion, coeur, étoiles, fleurs, feuilles ainsi que ses abstractions psychédéliques. Auberge espagnole d’éléments venus du monde entier : motifs de mosaïques arabes, broderies indiennes Zardozi, tissu Chandri, poisson Navajo, animaux aztèques… les références se multiplient et fusionnent.

Pixelformula  womenswear  ready to wear prêt a porter summer 2018 Paris Mainish Arora

Les broderies sont quasi omniprésentes et viennent donner leurs lettres de noblesse à des blousons en jean customisés.

Pixelformula  womenswear  ready to wear prêt a porter summer 2018 Paris Mainish Arora

Pixelformula  womenswear  ready to wear prêt a porter summer 2018 Paris Mainish Arora

Un esprit pyjama amplifie la décontraction, le farniente. Une palette douce autour de rose pâle, de vert d’eau, de bleu ciel… mais avec des éclats brillants.

Pixelformula 
womenswear 
ready to wear
prêt a porter
summer 2018
Paris
Mainish Arora

Au final, réunion d’ « une attitude aristocratique et d’un esprit bohême ».

Pixelformula 
womenswear 
ready to wear
prêt a porter
summer 2018
Paris
Mainish Arora

Atlein

Atlein_MON0186

Très belle collection pour Atlein* qui élargit sa palette et s’aventure sur de nouveaux territoires. « Memories pulsating from the past » est le thème de la collection. Se nourrir du passé pour se projeter dans l’avenir. 38 silhouettes ont défilé dans un petit écrin parisien, la Chapelle expiatoire, lieu de mémoire, de recueillement. Les premiers passages, tailleur, renouent avec l’expérience d’Antonin Tron qui a travaillé d’abord des collections au masculin. Architecture, allure un peu martiale, couleur kaki… au pas.

Atlein_MON0068

Fluidité du corps en mouvement avec la maille signature d’Atlein, savantes constructions, effets drapés, « inside out ».

Atlein_MON0440

Collages, patchworks de matières, de couleurs, déconstruction et assemblage. Robe bleu délavé.

Atlein_MON0281

Silhouettes bicolores, une pointe d’asymétrie, boutonnage de côté, tournant.

Atlein_MON0346

 

Et le choix d’imprimés colorés.

Atlein_MON0870

Atlein_MON0555
La culture est toujours citée dans le travail d’Atlein, cette saison les références sont musicales et visuelles avec 1994 de Maud Geffray (Scratch Massive), cinématographiques avec Le miroir de Tarkovski et picturales avec Odilon Redon. Atlein à suivre…

* Atlein (« at-line ») a été créé par Antonoin Tron en 2016 (initiales AT). AT aussi comme océan ATlantique, écho à la fluidité, au mouvement. Diplômé de l’Académie Royale d’Anvers, Antonin Tron a travaillé dans les studios de Louis Vuitton, Givenchy et Balenciaga avant de se lancer sous son nom. Prix ANDAM de la Première collection, Atlein a aussi été finaliste du LVMH prize en 2017.

Yang Li

 

Yang-Li-RTW-SS18-Paris-0740

  •  Concert de musique (Michael Gira) pour Yang Li avec une ode au noir transfiguré d’imprimés photo rougissants. Visages de femmes à la cigarette, détail de main, élégance du geste.
  • Yang-Li-RTW-SS18-Paris-0730
  • Oeuvre au rouge incandescent jusqu’à l’entière silhouette.
  • Yang-Li-RTW-SS18-Paris-0763
  • Rouge vif marié au rose fuchsia.
  • Yang-Li-RTW-SS18-Paris-0862
  • Asymétrie d’une encolure, drapé autour d’un buste… viennent adoucir l’impression de rigueur.
  • Yang-Li-RTW-SS18-Paris-0807
  • Un zeste d’attitude punk en rébellion avec les fentes au niveau des genoux, les godillots noirs ; clous et pointes en métal hurlant. Opposition op entre noir et blanc, graphique géométrie.
  • Yang-Li-RTW-SS18-Paris-0782
  • Une pointe d’exotisme revisité, tissus précieux, chinoiseries à motifs floraux très « in the mood for love ».
  • Yang-Li-RTW-SS18-Paris-0844

Photos Gio Staiano Nowfashion

Rochas

_ARC0453

 

Un Orient rêvé où l’imagination vagabonde vers un exotisme réinventé. Inspiration de motifs sinisants, japonisants. Riches broderies à défier d’hypothétiques lois somptuaires. Un esprit couture (les racines de la maison) avec de belles matières ; mousseline de soie, crêpe georgette, cigaline… Formes amples, juponnées, à porter sur pantalon (dans un esprit aussi oriental).

_ARC0009

Bustiers à volant.

_ARC0123

Des couleurs éclatantes, vives, du jaune, du vert… Télescopage de tonalités, d’imprimés qui s’opposent. Féerie d’un jardin extraordinaire où poussent des plantes improbables. Éclat de métaux précieux, or, argent. Tissus brillants, écho aux riches étoffes qui composent les obis de kimonos. Une collection baroque et couture.

_ARC0251

_ARC0184_ARC0540

Photos Marcus Tondo

 

Guy Laroche

Guy Laroche - SS2018 - Look 09 - back

 

 

Mythique, la robe noire et décolletée de Guy Laroche pour Mireille Darc a servi d’inspiration au nouveau créateur de la maison, Richard René*. Un défilé hommage à la silhouette de la grande sauterelle avec des perruques au carré blond platine. Des lunettes de soleil en accessoire et une collection autour de la robe noire. Des modèles architecturés avec des découpes graphiques, jeux de transparences avec les parties en mousseline.

Guy Laroche - SS2018 - Look 12 - 1

Pour le glamour, une touche de paillettes et un éclat de blanc satin et plumes.

Un message noir sur blanc : DARK, homonymie du sombre et du nom de l’actrice.

Guy Laroche - SS2018 - Look 04

Ultra plongeant, le décolleté se retrouve dans le bas du dos et s’affiche coquin en version maillot de bain. 17 silhouettes autour du noir et d’un jeu de caché-dévoilé.

Guy Laroche - SS2018 - Look 15 - back

*Diplômé de LISAA, Richard René a travaillé chez Hermès et plusieurs années chez Jean Paul Gaultier. Grand prix du festival d’Hyères en 2004, il a lancé sa marque et est devenu directeur créatif chez Villebrequin.