Aganovich

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Blanc immaculé, noir de ténèbres…

Entre les deux non couleurs d’abord s’infiltre, puis surgit avec force le rouge. En ponctuation, en coulures ou carrément monolithique, le rouge est mis. Archétypale, première couleur à surgir dans tous les schémas de pensée après l’opposition entre le clair et le sombre, le rouge ici fait joliment tâche.

Effiloché, drapé, plissé, organisé, orchestré, le tissu se prête, se soumet aux inventions du style de Nana Aganovich. Une touche de féminité avec un zeste de dentelle. Travail de teinture et de pliage. Le rouge macule, laisse des traces. Puissance du rouge qui va de la naissance à la mort, rouge sang. Mais aussi un rouge bordeaux, plus sombre, plus dandy.

Femme conquérante, guerrière par certains aspects, mais aussi, tout simplement, exquise.

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Dries Van Noten

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Dans un magnifique décor de colonnes de glace*, les fleurs emprisonnées marient les couleurs de leurs pétales aux chaudes tonalités du défilé. Dégivre. Patchworks de fleurs en tissus. Broderies subtiles, jeux d’asymétrie, camaïeux de couleurs, raffinement exquis. Simplicité et baroque. Rigueur et fantaisie. Orient toujours, Japon en pointillé. Voilettes sur le visage ou lunettes futuristes, barrières d’un visage dissimulé, à cache-cache. Masculin-féminin. Géométrie sobre, mais aussi manches bouffantes, dentelles, exubérance. Magie des gammes de couleurs, richesse baroque. Silhouettes d’hier pour mode d’aujourd’hui, la magie Dries Van Noten. La rigueur du sabre et la profusion de pétales de chrysanthèmes.

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*Création Azuma Makoto

Anne Sofie Madsen

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Pour la deuxième fois dans le calendrier officiel défilait la Danoise Anne Sofie Madsen. Les trenchs (mastic, beige) amplifient la démesure, optent pour la déconstruction. Patchworks aux tonalités de collages cubistes. Le corset est réinterprété et joue le laçage pour effeuillage. En superpositions, l’organza dans un souffle de légèreté. Broderies, incrustations de formes géométriques, jupe « bijou ». Latex, brillance. Universalité du denim. Un revival des années 60 avec des modèles en anneaux et un semis de fleurs, le tout accompagné de la vision d’un mannequin aux allures de Peggy Moffitt. Le passé du futur.

Anne_Sofie_Madsen Paris RTW Spring Summer 2017 September - October 2016
Anne_Sofie_Madsen Paris RTW Spring Summer 2017 September – October 2016

Yang Li

 

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D’origine chinoise, Yang Li a grandi en Australie avant d’étudier à Saint Martins à Londres. Désormais membre de la chambre syndicale, il défile à Paris. Géométrie et asymétrie. Rigueur des coupes et effets de transparences. Jeux de laçages suggestifs. Sangles ceinturées en bracelets. Imprimé reptile, façon crocodile. Bras démesurément longs. Bords francs. Patchworks de cuir. Ajout de pièces de métal, vif argent. Résilles, robes filet pour nouvelles sirènes.

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Jacquemus

 

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Simon Porte Jacquemus demeure un enfant du Sud. Son été prochain est sous le signe de la Provence et s‘inspire des petites figurines de santons qui peuplent les crèches pour célébrer la nativité. Des personnages en écho à des professions, des coutumes : Arlésienne, Boulanger, Berger, Lavandière, … La géométrie est là mais respire un parfum de Provence sous le soleil des sunlights et à l’ombre de grands chapeaux de paille. L’été sera chaud tandis que déambulent en escalier les mannequins. Souvent des épaules marquées, exacerbées, les manches jouent le volume, aériennes, bouffantes, ballons. Formes revisitées, twistées, effet cache-coeur. Tulle, détails de broderies. Cotonnades à carreaux. Un zeste de masculin-féminin avec de nombreuses chemises, des pantalons. Col en V, référence au fichu noué sur les épaules des Arlésiennes. Asymétrie, plissés et motif de pois.

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Koché

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Présentation nerveuse, mais un poil bordélique pour Koché qui choisit à nouveau les Halles, cette fois sous la protection de la Canopée. Passent des mannequins avec entrecroisement de silhouettes venues d’ailleurs, badauds happés par l’incongruité du spectacle d’un défilé de mode. Christelle Kocher a choisi des mannequins atypiques qui arrivent à plusieurs, à la cool, décontractés et marchant à un rythme trépidant. Un côté sportswear jogging et dentelles. Entre baggy oversize et détails féminins. Blouson à l’allure sport avec assemblage géométrique de couleurs vives. La dentelle s’avance sur le territoire de la lingerie en robe, nuisette de jour. Mini cape, col fraise. Superpositions, assemblages et fantaisie de plumes bariolées.

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Anrealage

 

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Kunihiko Morinaga explore le futur et mène ses recherches sur le son et la lumière pour trouver des concepts à intégrer dans ses propositions vestimentaires. L’été 2017 s’intitule « silence » (pas vraiment perceptible dans la salle). Le vêtement incarne cette absence de son. Une variation autour du noir et blanc, op et rayures, jeux graphiques. S’invite une large bande noire opaque qui oblitère le vêtement où un message est écrit. À l’intérieur des vêtements, des AR captor (augmented reality) avec une application sur l’iphone pour permettre la lecture des messages et des sons créés pas Ichiro Yamaguchi de Sakanaction. Sur le podium, des écrans sont reliés à une caméra qui filme le passage des mannequins. Le processus devient quasi « magique » quand le spectateur voit la bande noire et que, sur l’écran, elle disparaît et laisse apparaître l’imprimé ou le message. La voix des vêtements s’exprime : Silence, Noise, Sound, Voice en noir et blanc.

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